Jacques Doucet mérite le titre de précurseur bien avant celui octroyé par le Temple de la renommée

Actualité, Expos

Pascal Harvey

Publié le 3 décembre 2023 à 8h30

Quand j’étais jeune, c’est ma mère qui m’a initié au baseball, car elle était une fan incontestée des Expos de Montréal. Amateure de sports en général, elle ne se lassait pas d’écouter les matchs de ses préférés à la radio en se laissant bercer par la voix de Jacques Doucet.

Je me souviens de m’être réveillé en pleine nuit et d’entendre M. Doucet décrire des séquences impliquant Larry Parrish ou Jerry White lors de matchs des Expos disputés sur la Côte du Pacifique. Pour moi, ces mots ont éveillé ma curiosité pour ce sport.

Plusieurs années plus tard, j’ai eu l’opportunité d’inviter M. Doucet à un événement à titre de co-président d’honneur et de passer la soirée en sa compagnie. Quel homme affable et de bonne compagnie j’ai eu la chance de côtoyer ce soir-là. Bien sûr, j’ai pris le soin d’inviter ma mère à vivre ce moment et elle a eu l’occasion de partager certains souvenirs en sa compagnie.

En 2024 et pour la troisième fois, Jacques Doucet est candidat à l’obtention du prix Ford C. Frick, remis par le Temple de la renommée du baseball situé à Cooperstown et soulignant le travail exceptionnel d’individus ayant consacré leur vie à faire connaître et apprécier le baseball en décrivant des matchs d’équipes des Majeures.

Arpon Basu, de The Athletic, a d’ailleurs écrit un texte sur le sujet en fin de semaine.

À cette soirée-là, je n’avais pas l’impression de partager un repas avec une légende. Car oui, Jacques Doucet est une légende. En étant associé à la couverture des Expos dès leur arrivée dans le baseball majeur à la fin des années soixante, il a dû inventer un lexique d’expressions propres à la langue française afin de bien décrire son sport. Ce n’est qu’au début des années soixante-dix que M. Doucet est passé du journalisme écrit au micro et à la description des matchs de l’équipe.

À ce moment, il est devenu LA voix des Expos et il le fût jusqu’au départ du club vers Washington, après la saison 2004.

Les expressions balle papillon, coup en flèche et chandelle sont de son cru. Dès lors, elles furent utilisées par des centaines de milliers de Québécois lors de la pratique de leur sport et demeurent aujourd’hui au cœur de notre vocabulaire lié au baseball.

Jacques Doucet est aujourd’hui âgé de 83 ans et il profite de la vie en pratiquant ses passe-temps. Il affirme candidement ne pas attendre son entrée au Temple de la renommée pour être heureux. Pour les amateurs de baseball de la province et de la francophonie, cette nomination est une évidence, mais M. Doucet n’a pas eu la visibilité lui permettant d’être une candidature évidente tout au long de son illustre carrière s’adressant aux fans des Expos dans la langue de Molière.

Son collègue anglophone, Dave Van Horne, le compare au commentateur Felo Ramírez. Ce dernier a reçu le Prix Ford C. Frick au début des années 2000 au même moment où Van Horne faisait ses débuts à la descriptions des matchs des Marlins en Floride. Ramirez faisait alors la description des parties en espagnol pour les amateurs de l’équipe du sud de l’État et ne jouissait donc pas, à l’instar de M. Doucet, d’une grande visibilité à la grandeur de l’Amérique.

M. Doucet a été un précurseur tout au long de sa carrière et il doit être reconnu à ce titre bien avant de se retrouver, on l’espère en 2024, au Temple de la renommée du baseball.

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Expos de Montréal, Jacques Doucet, MLB, Prix Ford C. Frick, Temple de la renommée

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