Une fille et une balle papillon est ce genre de roman que l’on se dit constamment « bon allez, une dernière page et je m’arrête pour ce soir ». Cependant, un tel exercice est plus difficile que l’on pense tellement nous sommes captivés par l’histoire de Molly Monroe. La dernière page en devient une autre, puis une autre et ainsi de suite, ce qui est un signe indéniable d’un bon livre!
C’est donc à la vitesse d’une balle rapide d’Aroldis Chapman (ou presque) que j’ai lu Une fille et une balle papillon, roman du réputé journaliste multiplateforme Richard Labbé. J’ai toujours beaucoup apprécié le travail de ce dernier, d’aussi loin que je me souvienne, mais je sens que j’ai pu en apprendre un peu plus sur l’auteur par le biais de cet opus.
Je parle ici, notamment, de son goût pour la musique rock des décennies jadis, allusions répétitives au cours des chapitres. Je parle, aussi, de ses valeurs familiales et amicales que l’on ressent en traversant les neuf manches du roman (chaque manche représente un chapitre), paru sous la gouverne des éditions Hugo Roman.
Une histoire inspirante
Le fait qu’on s’accroche à ce livre est simple à mes yeux. En Molly Monroe, la protagoniste de l’histoire, il y a une part de nous tous qui s’y reconnaît rapidement. Qui s’y identifie, à un moment ou l’autre de notre existence. On s’attache à cette jeune femme de 22 ans, qui est en quelque sorte en quête identitaire. Elle cherche ses passions, ses aptitudes, ses dons de vie. Ce qu’elle vit n’est aucunement différent du commun des mortels, ce qui rend ce roman réaliste.
On aime la suivre dans ses folies, ses bulles, ses égarements. On aime également suivre toutes les histoires latentes à la sienne, qui s’entrecroisent, évidemment, à sa vie. Les personnages secondaires, que l’on parle ici de son père et de ses muffins aux bleuets, de sa fort colorée amie Anne-Marie ou même d’une ancienne gloire du baseball un peu aigrie de la vie, sont tous très attachants. Même Ricky Carrier, un joueur rustre et un brin niais des ligues mineures, réussit à se tailler une place dans notre cœur.
Donc c’est quoi, plus précisément, Une fille et une balle papillon? C’est l’histoire d’une jeune femme début vingtaine, qui travaille dans un café de Montpelier au Vermont. Le hic, c’est que comme pour beaucoup d’entre nous dans la réalité du quotidien, elle aspire à plus pour sa vie. C’est en ce sens que, lorsqu’elle voit une partie de baseball à la télé, elle se dit qu’elle serait capable de lancer à son tour des balles de baseball et percer les grandes ligues. Réussir là où aucune autre femme n’a réussi.
C’est ainsi que ses premiers lancers officiels s’effectuent dans la ruelle du café, non pas avec des balles, mais des citrons! Les citrons deviendront des balles, je vous rassure.
Une mission à accomplir
La vie l’amène donc ainsi à effectuer ses premières offrandes dans une ligue de bière du coin de son Vermont natal avec des messieurs bedonnants. Guidée par l’expertise, certes, d’un certain Nap Rucker (je vous laisse découvrir qui est ce dernier), Molly réussit son entrée dans le milieu du baseball grâce à son lancer signature, sa fameuse balle papillon. Ce lancer la guidera tout au long de cette aventure, alors qu’elle gravit un à un les échelons la menant à sa destinée.
Cette épopée n’est évidemment pas de tout repos. Dans sa quête de gloire, il y a des gens présents pour l’aider, d’autres présents par égo. Même des éléments inattendus de sa vie passée refont surface, à sa grande surprise, ce qui donne un second souffle au roman au grand plaisir du lecteur.
L’héroïne luttera tout au long des lignes à braver les obstacles face à elle, avec l’aide de ses alliés, oui, mais en étant capitaine de son embarcation. C’est justement ce que j’ai le plus apprécié du livre, le fait de la savoir en contrôle, les deux mains sur le volant de sa destinée. Elle est d’une grande lucidité dans sa vie, malgré toute cette frivolité qui l’habite.
C’est justement pourquoi je pense que j’ai autant aimé lire les 282 pages du livre. À l’image de Frodon dans le Seigneur des Anneaux, on veut profondément qu’elle réussisse sa quête.
C’est donc pour toutes ces raisons qu’Une fille et une balle papillon est un roman de baseball que je recommande à tous les fans de balles et même à ceux qui sont moins familiers avec le sport, car le roman n’est pas trop niché. Il est grand public, peu importe son âge, son sexe ou ses intérêts généraux.
Vous aimerez, tout comme moi, le traîner partout avec vous pour en faire la lecture.
