La vie de six hommes changera aujourd’hui. Six hommes aux parcours différents, mais qui, au final, partageaient le même rêve. Celui d’être le meilleur. Cet après-midi à Cooperstown, on les accueille au Temple de la renommée ou, en d’autres termes (les miens), au Temple du rêve accompli.
Dans un monde où pratiquement tout est une question d’argent, seul l’accomplissement de soi ne sera jamais touché. Ces six hommes n’ont absolument rien à craindre pour leurs vieux jours. Leurs enfants iront dans les meilleures écoles. Ils pourront même se choisir une vie. Cette liberté, ils ne l’ont pas volé. À coup de retraits au bâton et d’acclamations de la foule. À coup de circuits victorieux et de séances de signatures. Ils se sont forgés une carrière.

Mais n’oublions pas que tout ça débute avec un rêve. Souvent un rêve de p’tit gars. Celui de se surpasser et devenir le meilleur de son groupe d’amis. Un peu plus tard, pousser la note un peu et devenir le meilleur de la catégorie Pee-Wee de sa région. Plusieurs d’entre nous s’arrêteront là. Mais pas eux. Ils possèdent ce je-ne-sais-quoi que eux-seuls « savent ».
Les années passent et l’instinct suit. Très jeune, ils se retrouvent dans un monde de grands, mais ne perdent pas leur objectif de vue : ce rêve d’être les meilleurs dans ce qu’ils font.
Les années s’enchaînent rapidement. Des honneurs, des blessures, des victoires, des coups durs. C’est le sport professionnel. Le talent n’est plus suffisant. Pour continuer à être le meilleur, c’est le travail, le focus et oui, quand même un peu de talent…
Vient le jour où la retraite sonne. Ce jour qui marque la fin d’une carrière et le début d’une nouvelle vie. Le rêve se termine ainsi pour la grande majorité. Un rêve qui aura été pleinement vécu.
Par contre, pour une poignée d’individus, le rêve se perpétue. Cette année, six hommes voient leur rêve se rendre jusqu’à la fin. Un record pour une cuvée du Temple de la renommée.
La cuvée 2018
Jim Thome et Chipper Jones n’ont pas eu à attendre très longtemps en recevant l’appel dès leur première année d’éligibilité. Vladimir Guerrero et Trevor Hoffman se sont fait dire non au départ, ce qui a rendu le oui, un peu plus tard, tellement gratifiant. Alan Trammel et Jack Morris, ont eu droit à une seconde chance. Le non aura duré une vingtaine d’années. Trop long pour ces icônes des années ’80.
Le nom de ces six hommes se retrouvera à jamais parmi les meilleurs de l’histoire de ce merveilleux sport. Leur vie prend un nouveau tournant parce qu’aujourd’hui, ils reçoivent l’ultime certitude que leurs efforts ont été remarqués. Le rêve est accompli.
