Nous le savons tous, le repêchage est une science inexacte. Cette façon de sélectionner de jeunes talents donne souvent droit à de belles découvertes, mais devient aussi la scène de bien des déceptions.
Alors, la clé ne réside-t-elle pas dans le fait de bien développer les jeunes joueurs au sein de son organisation? Un grande partie de la réponse se retrouve dans la question. Il est important de bien savoir repêcher, mais il est primordial de maîtriser l’art du développement.
Un autre aspect qu’il faut tenir compte réside dans les besoins de l’équipe. Les Orioles de Baltimore des dernières saisons ont connu du succès en repêchant de supers talents et ils ont su bien les développer, mais l’organisation n’a pas su répondre à la véritable lacune de l’équipe qui se retrouvait sur la butte. Malheureusement pour eux, les Orioles ne gagneront rien avec le groupe de joueurs actuel et devront tôt ou tard retravailler leur concept.
Les Rays de Tampa Bay, occupés en ce moment à prendre part à la Série mondiale, ont prouvé qu’avec peu de moyens, il était possible de bâtir une équipe compétitive de saison en saison. La formation gérée par Kevin Cash occupe d’ailleurs la tête du classement du prestigieux magazine Baseball America quant à la qualité de son système de filiales. Oui, l’équipe ajoute à l’occasion des éléments provenant d’ailleurs afin de combler certaines lacunes, mais la plupart du temps des joueurs issus de leur système de développement arrivent à faire leurs marques dans les Majeures.
Mon observation identifie aussi la culture organisationnelle comme facteur de différenciation quand vient le temps de déterminer la qualité globale d’une concession. Voilà ce qui expliquerait la présence des Dodgers et des Yankees au sein du Top 5 du dernier classement du magazine américain.
Les deux équipes légendaires sont condamnées à connaître du succès, mais, malgré tout, elles prennent quand même le temps de bien développer leurs jeunes joueurs afin de se doter d’une base solide à laquelle elles ajoutent des gros noms via le marché des joueurs autonomes ou des transactions, car elles ont les moyens d’agir ainsi.
À l’autre bout du spectre, les Rockies du Colorado méritent presque le bonnet d’âne. Non seulement ils cumulent les mauvais résultats et ont l’opportunité de repêcher de bons jeunes joueurs, mais ils peinent à bien les développer afin de se sortir, enfin, la tête hors de l’eau. Oui, Hunter Goodman a connu une saison exceptionnelle en frappant 41 coups de circuit en 2026 et il est un produit de l’organisation. À 27 ans, il n’est cependant plus un jeunot. Il a débuté sa carrière en 2023.
Les Nationals de Washington, qui viennent au cinquième échelon du classement, sont une énigme pour moi. La formation repêche bien et développe adéquatement, mais n’arrive pas à transformer ses efforts en résultats. Possible qu’un jour tout finisse par aboutir, mais pour le moment les anciens Expos font du surplace au classement de leur division.
En regardant de plus près, l’on constate la présence des Blue Jays de Toronto au huitième rang. Cette saison, les Jays ont donné l’un de leurs meilleurs espoirs aux Angels de Los Angeles dans le but d’obtenir les services du partant José Soriano. Arjun Nimmala avait été repêché par l’organisation torontoise en première ronde (20e) lors de l’encan 2023. Donner afin de recevoir fait aussi partie du processus de construction d’une équipe gagnante. En général, le système des Blue Jays se tire bien d’affaire.



