TOP 10 : les meilleurs joueurs avec qui j'ai partagé le terrain

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Maxime Lauzier

Publié le 17 février 2018 à 8h00

Au mois de mai 2018, ça fera maintenant quatre ans que je ne fais plus partie de l’organisation des Braves d’Atlanta. Comme plusieurs des joueurs qui ont eu la chance de jouer professionnellement au baseball, ma carrière fut relativement courte. Quatre petites saisons qui ne m’ont peut-être pas rendu riche financièrement parlant, mais certainement riche en histoires à raconter.

Je n’ai pas dépassé le niveau A avec Atlanta, ce qui veut dire que j’étais encore à quatre niveaux de me rendre dans le show. La plupart des coéquipiers et adversaires que j’ai eus sont, tout comme je le suis, maintenant hors des sphères du baseball. Cependant, quelques-uns de ceux-ci ont poursuivi leur développement et sont maintenant de grandes vedettes que vous voyez aujourd’hui à la télé.

Cet article se veut bien plus qu’un simple festival de name dropping de vedettes que j’ai rencontré au fil de ma carrière. Plusieurs de ces joueurs étaient d’ailleurs bien différents il y a 4 ou 5 ans. Certains ont été des tops espoirs depuis le premier jour, d’autres sont des succès phénoménaux de leur réseau de développement respectif.

Sans plus tarder, voici le top 10 des meilleurs joueurs avec qui j’ai partagé le terrain.

10. Joe Biagini

Biagini était originalement un espoir avec les Giants de San Francisco avant d’atterrir à Toronto. Photo : Dan Hamilton – USA TODAY

Le 5 août 2013, je me préparais à affronter les Green Jackets de Augusta, l’équipe de niveau A des Giants et j’ai vu que mon opposant était un certain Joe Biagini. Ce qui m’avait sauté au visage à l’époque était que nous étions tous les deux assez similaires. Physiquement, statistiquement, mais aussi que nous étions tous les deux des choix de repêchage relativement tardif. Seulement quatre jours séparaient notre date de naissance! Il avait finalement eu le dessus sur moi lors de ce duel. Biagini a continué à se développer merveilleusement bien jusqu’à ce que les Jays lui offrent sa chance dans la grande ligue. Sa saison 2017 a été difficile, mais il demeure malgré tout un joueur très apprécié dans la Ville-Reine.

9. Roberto Osuna

Un jeune Osuna dans l’uniforme des Blue Jays de Bluefield. Photo : Alyson Boyer Rode

En 2012, mon équipe, les Braves de Danville, affrontait les Blue Jays de Bluefield. Notre adversaire ce soir-là était un dénommé Roberto Osuna. Un jeune de 17 ans! Il était le plus jeune joueur de toute la Appalachian League à ce moment. L’artilleur n’avait lancé que quatre manches, mais tout notre banc était impressionné par la prestance du jeune lanceur. Une bonne balle rapide explosive à 92-93 mph, des balles à effets avec beaucoup de mordant et un calme olympien. On pourrait croire que ça fait 10 ans qu’il est dans les ligues majeures. Mais Osuna n’a toujours que 23 ans à l’heure actuelle.

8. Les Sand Gnats de Savannah (Club A des Mets de New York édition 2013)

Matz était la pierre angulaire de l’excellente rotation de Savannah en 2013. Photo : Joe Vasile

Lorsque j’étais à Rome en 2013, c’est le club ferme des Mets qui a remporté le championnat de la South Atlantic League. L’adage dit qu’au baseball Pitching wins championships. Savannah était rempli à craquer de partants de qualité. Steven Matz, Robert GsellmanLuis Cessa (maintenant des Yankees) et Matt Bowman (maintenant des Cards) ont tous connu une belle ascension et sont maintenant des lanceurs des Majeures. Tout ce groupe de lanceurs était aussi dirigé de mains de maître par le receveur Kevin Plawecki qui amorcera en 2018 sa 4e saison dans la MLB. Au total, 12 joueurs de Savannah ont fait le grand saut dans les Majeures comparativement à 6 joueurs de mon équipe des Braves de Rome.

7. Evan Gattis

Evan Gattis
Evan Gattis est probablement le joueur le plus intimidant que j’ai vu sur un terrain Photo : Youtube

Les fans de baseball connaissent maintenant la légendaire histoire de l’ex-concierge devenu vedette des Majeures. J’ai rencontré Evan en 2011, c’était mon premier camp professionnel. Il n’avait pas réussi à faire le club de Rome à la suite du camp d’entrainement du mois de mars. Gattis poursuivait donc son développement avec les plus jeunes espoirs comme moi au camp d’entrainement prolongé (extended spring training).  Pour un gars comme lui qui avait déjà 24 ans, il se devait de monter son niveau de jeu d’un cran.

Au cours des deux petites semaines où il a été mon coéquipier, je n’avais alors jamais vu autant de balles frappées aussi solidement avec cette constance. Il a été rapidement rappelé au niveau A où il a cogné 22 longues balles en 88 petits matchs. Il n’a jamais arrêté de frapper depuis.

6. Cody Allen

Cody Allen
Les Indians ne pourraient pas être plus heureux du développement de ce choix de 23e ronde! Photo : NEO

Cody Allen était un de mes coéquipiers lorsque j’ai évolué au St. Petersburg College en 2010. Il en était à sa première saison après avoir subi l’opération Tommy John. Allen était bon, mais pas extraordinaire. Ce que je me souviens le plus, c’est à quel point il s’exprimait toujours comme si les ligues majeures n’étaient qu’une formalité dans son parcours. Force est d’admettre qu’il connaissait son potentiel. Ce modeste choix de 23e ronde des Indians n’aura pris à peine plus d’un an pour traverser les 7 niveaux le séparant des Majeures et rapidement s’établir comme un closer dominant.

5. Mookie Betts

Difficile de croire que ce petit deuxième but est devenu un frappeur de puissance à Boston. Photo : Tom Priddy – Four Seam Image 

Lorsque j’ai affronté Mookie Betts à Rome, je n’aurais JAMAIS cru que ce gars-là traverserait même le niveau A. Après une trentaine de matchs, Betts frappait pour une anémique moyenne de .157 dans la South Atlantic League. Je ne voyais pas grand-chose en ce frêle joueur de150 livres pour 5 pieds et 8 pouces.

J’ai ravalé mes paroles lorsqu’il a passé les 2 mois suivants à démolir tout ce qu’on lui lançait. Pendant deux mois complets, il a frappé pour .350, ce qui lui a valu une promotion au niveau A fort. Le gars que j’ai vu en 2013 n’aurait pas frappé un ballon de plage. Pourtant, en date d’aujourd’hui, Betts a 508 matchs joués avec les Red Sox de Boston. Il a aussi 78 circuits et 310 points produits en carrière…

4. Greg Bird

Bird a frappé un circuit mémorable en séries contre les Indians l’automne dernier. Photo : Al Bello – Getty Image

J’ai eu le «plaisir» d’affronter les River Dogs de Charleston à 5 reprises lors de ma saison à Rome. Dans quatre de ces occasions, Greg Bird agissait à titre de 3e frappeur. Jamais un frappeur ne m’aura fait sentir aussi incompétent. J’avais beau lui lancer mon arsenal au grand complet, y aller de mes meilleurs tirs pour l’envoyer à la pêche, il n’y avait rien à faire. La plupart du temps, il me frappait un double qui faisait mal ou me grugeait un but sur balles à la suite d’une longue présence.

Dans les bas niveaux des mineures, un joueur qui frappe 20 circuits, 35 doubles et soutire 100 buts sur balles dans une saison, ça n’arrive pas!! Mais c’est ce qu’il lui a valu le titre de meilleur joueur de tout le système des Yankees en 2013.

3. Les Crawdads de Hickory (Club A des Rangers du Texas édition 2013)

Le premier contrat d’argent libre de Nomar Mazara en avait été un record pour un joueur international. Son boni de signature totalisait 5 millions de dollars US. Photo : Steve Nuremberg – MBR

Je vais faire ça bien bien simple, l’alignement offensif de Hickory était RIDICULE. Les Rangers du Texas avaient au-delà de 10 millions de dollars investis en bonus à la signature simplement dans leur équipe de niveau A. Ils avaient six frappeurs qui ont terminé la saison avec plus de 10 circuits. Jorge Alfaro, aujourd’hui avec les Phillies, étaient le meilleur prospect derrière le marbre pour l’organisation. Nick Williams, lui aussi maintenant avec les Phillies, a eu d’excellents chiffres dans les Majeures en 2017.

Le coeur de l’alignement de Hickory était composé de Nomar Mazara, Ryan Rua et Joey Gallo. Mazara avait signé un contrat record à 16 ans pour un boni de 5 millions. Rua arrivait d’un petit collège inconnu, mais a frappé 29 circuits à Hickory. Joey Gallo pour sa part… eh bien, il a 200 circuits en six saisons professionnelles. J’ai accordé un bon nombre de longues balles dans ma carrière, mais il ne fera aucun doute que la plus grosse bombe aura été gracieuseté de ce dernier.

Le releveur Carl Edwards Jr. des Cubs était aussi dans cette organisation à l’époque et il a complètement dominé le circuit avec une moyenne de point mérité sous la barre de 2 en tant que lanceur partant.

2. Carlos Correa

En regardant Correa jouer, on pourrait croire que le baseball est un sport facile! Photo:  Troy Taormina-USA TODAY Sports

On avait entendu son nom en premier au repêchage de 2012. Quelques semaines plus tard, je le voyais à l’oeuvre pour la première fois sur mon terrain à Danville, alors qu’il portait les couleurs des Astros de Greenville. Son simple entrainement défensif m’avait complètement jeté par terre. Il flottait sur le terrain, il était grand, mais agile, et avait un bras canon. Tout ce que Carlos Correa faisait sur un terrain de baseball semblait être d’une facilité déconcertante. Cela fait d’ailleurs déjà quelques saisons qu’il livre la marchandise avec le grand club à Houston.

1. Aaron Judge

Le plus récent gagnant du concours de coups de circuit ne m’aura frappé qu’un double! Photo Mike Erhmann – Getty Images 

Mon dernier match avec les Braves, je l’ai lancé le 19 avril 2014. C’était à Charleston contre le club-école des Yankees. Durant le voyage en autobus, certains de mes coéquipiers avaient mentionné que l’espoir Aaron Judge des Yankees avait été assigné à Charleston et que nous allions devoir l’affronter. Au fil de la discussion, je me rappellerai toujours d’avoir dit mot pour mot la chose suivante : He can’t be that good et que j’allais lui montrer comment ça marche…

Le premier tir que je lui ai lancé a été frappé tellement durement que la balle a probablement endommagé la clôture. Je m’étais dit qu’un grand gaillard comme ça allait probablement avoir de la difficulté avec ma glissante. Eh bien non! Je peux aussi vous confirmer qu’il est encore plus imposant en personne. Malheureusement pour les lanceurs, il semblerait que Judge a aussi finalement compris comment soulever légèrement la balle pour transformer tous les doubles qu’il frappait dans les mineures en longues balles.

297 petites manches lancées en portant l’uniforme des Braves, mais des souvenirs pour la vie…

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