Match présaison, saison régulière ou séries éliminatoires, Fernando Tatis Jr. offre toujours le meilleur de lui-même. Comme vous avez pu le lire il y a quelques jours dans un article de l’éminent collègue Charles-Alexis Brisebois, le numéro 23 y est allé d’un jeu spectaculaire, marquant du troisième coussin sur une balle qui avait à peine quitté l’avant-champ. Le tout, plongeant tête première au marbre.
Sans se blesser sur la séquence, reste que le joueur des Padres a été un peu amoché, si bien qu’il n’a pas joué la partie de son équipe aujourd’hui. Avant de continuer, il est important de noter que Tatis Jr. revenait à peine au jeu après avoir été écarté du terrain par un virus (pas la COVID-19) qui le ralentissait. Son gérant a d’ailleurs affirmé que son poulain ne jouait pas la rencontre de lundi en lien avec ses deux éléments.
Il est à se questionner à savoir si la partie en avait été une du calendrier régulier, aurait-il joué?
Un dilemme éthique
Considérant que Tatis Jr. n’était sûrement pas au sommet de sa forme, affaibli par les effets d’un virus et qu’il s’agissait d’une partie hors-concours, est-ce que la coqueluche du baseball a bien fait d’y aller d’un jeu de la sorte?
Dans les pours, on dira de Tatis Jr. qu’il est un athlète intense et intègre, amoureux de son sport, qui se présente à chaque match. Que de réaliser des jeux de la sorte est bon pour sa confiance et celle de ses coéquipiers. Qu’il veut prouver qu’il mérite le contrat de 14 saisons que lui ont accordé ses patrons. Que chaque présence sur le terrain est importante.
Dans le camp des contres, on dira que ce n’était qu’une rencontre préparatoire. Que dans le cadre d’une partie qui ne compte pas, y aller d’un tel jeu est un risque inutile. Que son équipe a besoin de lui « quand ça compte », soit durant les 162 parties de saison régulière.
Chers lecteurs, de quel côté vous rangez-vous?
Moi, dans le deuxième.
Je trouve totalement insensé d’y aller d’un tel jeu pour une joute qui ne compte pas. Encore, j’aurais trouvé insensé qu’il y aille d’un tel jeu au mois de juillet alors que son équipe mène 10-0 en neuvième manche, hypothétiquement parlant. C’est beau de pousser la machine, or, il faut savoir quand, il faut savoir doser. Il est encore jeune, mais plus le temps avancera, plus son corps sera usé et il faut savoir le ménager.
Ce n’est pas arrivé, mais imaginez qu’il se blesse au niveau du cou ou d’une main et qu’il manque plusieurs mois d’activité. Sa non-présence diminuerait les chances de San Diego de se qualifier pour les séries et de remporter une Série mondiale. Car oui, avec l’effectif qu’ils ont, on peut mettre les mots Padres de San Diego et Série mondiale dans la même phrase.
Il est un rouage trop important pour l’équipe pour y aller d’un jeu à haut risque de la sorte. Il n’a rien à prouver Il n’est pas une recrue ou un joueur qui lutte pour son poste ou son prochain contrat. Il a, à mon sens, le luxe d’appliquer les freins le moment venu, ce qui n’est pas le cas pour tous les joueurs.
Peut-être ai-je tort, qui sait. Ce n’est que mon humble opinion, après tout.
