Pierre Arsenault poursuit la MLB et ses équipes pour discrimination

Actualité, Expos

Sébastien Berrouard

Publié le 10 juillet 2024 à 10h30

Les Marlins de Miami sont reconnus pour faire les choses différemment, et souvent pas nécessairement de la bonne façon. Et la manière dont ils ont traité le dépisteur Québécois Pierre Arsenault ne fait pas exception.

Quand la formation floridienne lui a annoncé qu’elle allait se passer de ses services en décembre 2020, elle avait évoqué des coupes budgétaires en raison de la pandémie. Oh surprise…

Ce n’est cependant que plusieurs mois plus tard, en jasant avec ses confrères qui avaient également perdu leur emploi, qu’Arsenault a compris le stratagème. Comme il approchait la soixantaine et que plusieurs autres dépisteurs avaient franchi cette marque, tel que le vétéran John Leon Wurth âgé de 70 ans, il était devenu évident pour le natif de Roberval que le budget des Marlins n’avait rien à voir.

On était tous des gars avec plus de 20 ans d’expérience dans le baseball majeur. Quand les Marlins m’ont dit qu’ils coupaient en raison de la chute de revenus, je me sentais seul en tabarnouche. Mais j’ai ensuite vu qu’on était plusieurs dans le même bateau. C’était plus qu’une coïncidence.

C’est pour cette raison qu’Arsenault figure parmi les 35 plaignants d’une action collective déposée devant la justice américaine contre la MLB et ses 30 équipes.

Je n’avais aucun problème de mobilité et j’étais en santé. J’avais un beau dossier sans tache. Quand on n’est pas usé à la corde, on peut être encore utile. À 60 ans, s’apercevoir de cela, ça fesse dans le dash.

Et cela va plus loin, car selon le document obtenu par Le Journal de Montréal, les dépisteurs des Marlins estiment qu’ils auraient aussi été inscrits sur une liste noire sans possibilité d’embauche ailleurs dans la ligue.

Il me restait plus que deux ou trois bons coins à mon Kleenex. J’avais 34 ans d’expérience dans le baseball, dont plus de 10 ans dans le dépistage professionnel. Je m’améliorais en apprenant constamment et je savais m’adapter. Je n’ai jamais eu une mauvaise réputation et je me considère comme une personne loyale. Si on lit ce qui est avancé dans la poursuite, il y a peut-être du vrai.

D’après le document de cours, les plaignants allèguent que le baseball majeur et ses clubs ont créé un effectif de jeunes dépisteurs (moins de 40 ans) depuis plusieurs années, ce qui enfreindrait la loi antidiscriminatoire.

D’abord déposée l’été dernier au Colorado, ce recours collectif est maintenant rendu devant les tribunaux de l’État de New York, où le siège social du circuit Manfred est établi.

Les plaignants, qui réclament des dommages compensatoires et punitifs prévus par la loi, n’ont encore inscrit aucun montant à leur requête. On peut cependant estimer ce genre d’action collective à plus de 100 millions de dollars aux États-Unis.

Malgré tout, Arsenault ne conserve pas d’amertume quant à cette situation. Il s’estime plutôt chanceux d’avoir porté les uniformes des Expos de Montréal et des Marlins.

Je ne me lève pas la nuit et je ne me réveille pas le matin en haïssant le baseball. Je n’ai aucune amertume. Mais même si j’ai vieilli, j’estime que je peux encore donner.

Souhaitons à l’homme de 60 ans qu’il puisse au moins obtenir réparation et peut-être une autre chance de faire valoir son expérience et son talent.

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Discrimination, Marlins de Miami, Pierre Arsenault

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