Nous gardons tous en mémoire les performances des Carter, Bench, Fisk, Pena et Santiago derrière le marbre. Tous les receveurs qui ont évolué dans les Majeures et qui ont connu de longues carrières méritent notre admiration.
Très peu d’entre eux ont évolué à une autre position prétextant l’usure du temps ou souhaitant protéger l’investissement financier de certains propriétaires d’équipes. Ces gars-là sont nés receveurs et sont considérés comme tels par leurs pairs.
Changements historiques
Plus tard dans l’histoire, afin d’allonger leurs carrières, certaines vedettes ont décidé de troquer la grosse mitaine et le plastron pour un gant de premier-but. L’exemple de Joe Mauer des Twins est probant et cette décision lui aura permis de continuer à cumuler de très bonnes statistiques au bâton.

Aujourd’hui, une nouvelle réalité vient remettre en question le rôle et surtout l’importance de ce poste clé : la quantité de lanceurs différents que les receveurs ont à guider explose!
Le 10 août dernier, lorsque la recrue des Mariners Reggie McClain a lancé son premier tir à la septième manche contre les Rays, il est devenu le 38e lanceur guidé par le receveur Omar Narvaez cette année, un record pour une équipe en une saison. C’est un groupe de lanceurs qui comprend une vedette comme Félix Hernández, des débutants peu connus comme R.J. Alaniz et Taylor Guilbeau, des vétérans qui ont beaucoup voyagé comme Wade LeBlanc et Mike Leake, et même un joueur d’utilité, Tom Murphy, qui a lancé trois fois à Narvaez.
Narvaez a depuis étendu la marque à 39, et il sera probablement très près du 40 d’ici la fin de l’année lorsque les joueurs supplémentaires de septembre arriveront. À titre de comparaison, Yogi Berra, membre du Temple de la renommée, a participé à 19 saisons dans les Majeures au cours de trois décennies et a travaillé avec 98 lanceurs au total – à peine deux fois plus que ce que Narvaez verra cette année.
Wow, a dit Narvaez quand il fut informé du record.
C’est assez impressionnant, parce que quand vous regardez le vestiaire, nous n’avons pas les mêmes lanceurs que lors de l’entraînement printanier. Mais je ne le savais pas.
Il n’est pas surprenant que les receveurs doivent gérer plus de lanceurs. Après tout, en 1998, première année de l’ère des 30 équipes, 557 lanceurs ont fait leur apparition dans les Majeures, soit une moyenne d’environ 18,5 par équipe. Cette année, les équipes comptent 792 lanceurs, soit 26,4 par équipe, un nombre qui va augmenter avec la hausse du nombre de joueurs admissibles en septembre.
Des ajustements pour tous
Lorsque nous pensons à cet impact, nous le regardons généralement du point de vue des frappeurs, qui doivent faire face à un flot incessant de vitesse, de points de relâchement et de types de tirs, ce qui explique en grande partie la raison pour laquelle les frappeurs doivent être plus studieux et considérer toutes les options. Qu’en est-il de ceux qui doivent les gérer? Est-ce que cette nouvelle réalité a rendu la vie plus difficile que jamais pour ceux qui font le travail le plus ingrat, mais le plus crucial du baseball?
Il est permis de croire que oui et c’est pour cela que les équipes s’ajustent à la nouvelle tendance.
Les jeunes receveurs les plus performants ne seront tout simplement pas en mesure de demeurer à cette position bien longtemps. Bryce Harper, un receveur au collège, ne s’est jamais accroupi une manche chez les pros. Wil Myers a été muté à une autre position après ses deux premières saisons professionnelles. Carlos Santana a évolué à cette position jusqu’à l’âge de 27 ans. La blessure au genou de 2016 de Kyle Schwarber a accéléré son changement de position, mais il n’était de toute façon pas susceptible de faire office de receveur à long terme.

Définitivement, le poste de receveur, si névralgique soit-il, est en grande mutation.
Source : MLB
