Les portes du Temple se referment injustement pour Larry Walker

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Maxime Lauzier

Publié le 29 janvier 2018 à 7h00

Chaque année, des joueurs exceptionnels font leur entrée au Temple de la renommée du baseball. Bien que la cuvée de 2018 regorge de talent, certains joueurs ignorés méritent leur aller simple pour Cooperstown. C’est le cas d’Edgar Martinez, entre autres, un ancien frappeur désigné qui a fait l’objet de mon billet de jeudi dernier.

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Aujourd’hui, j’ai envie de vous jaser d’un joueur qui a commencé sa carrière avec les Expos. Un gars originaire du Canada qui a quitté prématurément notre métropole en raison d’une vente de feu suivant la grève de 1994. Il ne s’agit de nul autre que Larry Walker qui, tout comme Edgar Martinez, n’est pas jugé à sa juste valeur. En effet, malgré de très bonnes statistiques, Walker n’a récolté que 144 votes (34,1%) à sa huitième année d’éligibilité.

Une feuille de route impressionnante

Pourtant, lorsque l’on jette un œil à ses statistiques, on y retrouve plusieurs saisons dominantes, de la constance et une belle longévité. À neuf reprises, Walker a conservé une moyenne au bâton supérieure à .300 et il a mené la Nationale dans cette catégorie à trois occasions. Le Canadien a de plus maintenu un OBP au-dessus du .400 huit fois et il a affiché une moyenne de puissance inférieure à .500 qu’à quatre reprises en 16 saisons (j’exclue la saison 1989). En ce qui a trait de l’OPS, l’ancien voltigeur de droite a surpassé le 1.000 à six occasions, ce qui est exceptionnel. Larry Walker c’est aussi :

  • Un titre de MVP
  • Sept Gants dorés
  • Trois bâtons d’argent
  • 383 circuits
  • Une ligne de frappe de .313/.400/.565
  • WAR de 72.6

Ce qui m’impressionne d’autant plus chez Larry Walker, c’est qu’il a réussi à se démarquer à sa position malgré la présence de voltigeurs de la trempe de Barry Bonds et Ken Griffey Jr.

Il faut le faire quand même!

Ses chiffres se comparent aux immortels

Lorsque l’on veut prouver que la candidature d’un joueur pour le Temple est légitime, il est inévitable de se prêter au jeu des comparaisons à un moment ou un autre. La position à laquelle Walker a évolué, celle de voltigeur de droite, compte parmi ses rangs plusieurs légendes telles que Babe Ruth, Hank Aaron et Stan Musial.

Larry Walker
Photo : RDS.ca

Dix joueurs ayant disputé la majeure partie de leurs matchs à ce poste se hissent devant le joueur canadien au chapitre du WAR (victoire au-delà du remplacement). À titre de rappel, le WAR se veut tout simplement être une statistique illustrant le nombre de victoires supplémentaires qu’un joueur procure à son équipe par apport au joueur de remplacement. La bonne nouvelle, c’est que les dix joueurs qui lui sont supérieurs dans cette catégorie résident présentement à Cooperstown. Walker talonne quelques-uns de ces joueurs, dont un certain Reggie Jackson. De plus, il devance Tony Gwynn, Dave Winfield et Vladimir Guerrero pour le WAR… tous des immortels.

Pour ce qui est de l’OPS, seuls Ruth et Musial sont supérieurs à lui. Larry Walker fait aussi très bonne figure au chapitre de la moyenne de puissance (seulement Ruth le devance) et de l’OBP (derrière cinq immortels). Il est loin derrière dans la colonne des coups sûrs, mais tient le fort dans la catégorie des circuits. Au final, celui qui est né à Maple Bridge n’a rien à envier aux meilleurs de sa profession.

Le maudit Coors Field!

Ah, le Coors Field… ce stade qui nous donne souvent droit à des marques finales de 11-10. Un stade où rien n’est joué, même si une équipe détient une avance de cinq points en neuvième manche. Ce stade en question est le principal obstacle qui sépare Walker du temple, selon moi. Je suis persuadé que plusieurs chroniqueurs ne votent pas pour lui, car ils sont convaincus que ce parc gonfle ses statistiques. C’est vrai que la balle voyage plus souvent au Coors Field. Chaque année, il fait partie des terrains où on y enregistre le plus grand nombre de circuits, mais est-ce que cela doit automatiquement disqualifier Walker?

Le principal intéressé s’est servi de ce stade à son avantage (ligne de frappe à vie de .381/.462/.710 au Coors Field), mais il n’en demeure pas moins qu’il faut être un joueur exceptionnel pour en arriver à de tels chiffres. Si vous voulez une statistique qui prouve que Walker aurait été un excellent joueur ailleurs qu’au Colorado, sachez qu’il a maintenu un OPS+ de 147 lors de son séjour de dix saisons avec les Rockies. L’OPS+ est un OPS ajusté aux facteurs du stade dans lequel le joueur évolue. Un OPS+ de 100 signifie que le joueur est dans la moyenne. Dès lors, l’OPS+ de 147 de Walker indique qu’il était meilleur de 47% que le joueur moyen durant son passage au Colorado. D’où l’importance d’analyser toutes les statistiques avant d’attribuer les succès d’un joueur au simple fait que l’environnement dans lequel il joue est plus propice à la longue balle.

Le temps presse…

Malgré son brillant résumé, il sera très difficile pour Larry Walker de se frayer un chemin jusqu’à Cooperstown. Il ne lui reste que deux ans sur les scrutins et il doit encore obtenir 40,9% des voix pour atteindre la marque du 75%, le pourcentage minimum requis pour accéder au Temple. Tout indique que ses chances d’accomplir un tel exploit sont minces et que les portes du Temple se refermeront injustement devant lui.

Source : Baseball Reference

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