Les Blue Jays de Toronto avaient la chance de remporter un troisième titre de la Série mondiale, hier, mais ils n’ont pas réussi à terminer le travail en laissant les Dodgers de Los Angeles forcer la tenue d’un septième et décisif match qui sera disputé ce soir, au Rogers Centre.
Face à Yoshinobu Yamamoto, tous savaient que les Jays devaient marquer tôt afin d’ébranler la confiance de l’artilleur nippon, mais ce sont plutôt les visiteurs qui ont inscrit les premiers points de la partie en marquant trois fois dès la troisième manche contre le partant Kevin Gausman. Permettre à ses adversaires de se bâtir un coussin, si petit soit-il, au profit du meilleur lanceur des présentes séries, c’est se magasiner du trouble. Les Dodgers l’ont emporté par la marque de 3-1.
Même si Yamamoto n’a pas réussi à compléter la distance en tirant sa révérence après six très bonnes manches de travail, le mal était fait et les deux équipes devront en découdre à nouveau ce soir afin de déterminer les champions 2025.
Ce qu’il faut retenir de cette défaite des Jays, c’est le manque d’opportunisme, car la troupe de John Schneider a eu ses chances, mais elle n’a pas pu capitaliser au bon moment. Marquer un seul point dans un match des séries, que ce soit contre les champions en titre ou une autre équipe, c’est largement insuffisant pour espérer gagner.
Hier, contre les lanceurs des Dodgers, les Blue Jays ont laissé pas moins de huit coureurs sur les buts et l’attaque torontoise n’a généré qu’un seul coup sûr en neuf chances avec au moins un joueur en position de marquer. Les frappeurs des Jays n’avaient pas l’instinct du tueur vendredi soir et les visiteurs en ont profité pour rendre la série à la limite.
La façon dont la partie s’est terminée, avec Addison Barger qui s’est fait surprendre au deuxième but alors que Kiké Hernandez venait de capter un ballon frappé au champ extérieur, a démontré un niveau de nervosité plus élevé qu’à l’habitude chez les plus jeunes joueurs de l’équipe. En représentant le dernier retrait de la partie, Barger enlevait du même coup le bâton des mains d’un vétéran habitué à ce genre de situation en George Springer.
Dommage pour Barger, lui qui avait connu un fort match en réussissant deux coups de deux buts (dont un controversé alors que la balle est restée emprisonnée sous la clôture du champ extérieur) et il a marqué le seul point de son équipe en troisième manche. La défaite des siens ne lui est pas attribuable, mais les gens vont retenir la façon dont il a été retiré à la toute fin.
Si jamais les Jays doivent affronter Shohei Ohtani lors du septième match (et c’est une très forte possibilité), ils devront profiter de chacune des chances qui leur est offerte. Lors d’un match ultime, tous les lanceurs seront disponibles et les frappeurs devront faire face à une multitude de tirs différents provenant de plusieurs bras. Hier, contre Yoshinobu Yamamoto, les Jays ont eu un condensé de six types de lancers différents. Ce soir, la recette risque d’être fort différente, mais l’attaque ne pourra prendre congé comme elle l’a fait hier.
S’il veut récolter un premier titre de MVP de la Série mondiale, Vladimir Guerrero Jr. devra faire la différence contre des lanceurs déterminés à permettre aux Dodgers de répéter leurs exploits de l’an passé. Le vétéran Max Scherzer aura lui aussi son mot à dire, lui qui avait aussi lancé le septième match en 2019, avec les Nationals de Washington.
Un autre belle histoire s’écrira ce soir, ce qui rend ce sport si riche en émotions.



