Rares sont les partants qui connaîtront une aussi mauvaise journée dans leur carrière que Dylan Bundy. Le 8 mai dernier contre les Royals, le droitier des Orioles devait se sentir dans un univers parallèle, un monde où chaque frappeur savait précisément quel lancer il allait utiliser, et où il allait les placer.
Le match s’est amorcé, sept frappeurs il y a eu, 7-0 était le pointage pour Kansas City. Un enfer royal sur sa propre pelouse : deux buts sur balles, cinq coups sûrs, quatre circuits et une marche de la honte de retour dans le vestiaire. Bundy terminait sa journée de travail après 0 retrait et concluait alors une séquence de trois départs au cours desquels il avait accordé 22 points, dont 19 mérités, en 9 manches.
Après la pluie, les retraits sur trois prises
Mais voilà, au lieu de s’apitoyer sur son sort, Bundy s’est relevé la casquette et a choisi de regarder devant plutôt que derrière. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé au domicile des White Sox, 16 jours après la catastrophe. Il s’était quelque peu replacé entretemps, mais réservait sa grande rédemption, celle qui chasserait les fantômes du 8 mai, pour hier après-midi.
Bundy s’est offert un match complet, en plus d’un sommet en carrière avec 14 retraits sur trois prises. Il a échappé un seul tir dans tout le match, une glissante que Jose Rondon a propulsée dans les gradins du champ gauche pour un circuit de trois points. Pour le reste, les White Sox ont mangé leurs bas. Bundy ne leur a permis qu’un seul coup sûr supplémentaire et un seul but sur balle.
Les Orioles l’ont emporté par la marque de 9-3, mais jamais trois points mérités n’ont paru si petits. L’attaque des oiseaux a produit ses neuf points dans les trois premières manches et Bundy avoue lui-même que cette avance lui a enlevé un poids sur les épaules :
« C’était vraiment plaisant! On a marqué beaucoup de points dès le début du match, et avec cette avance, ça devenait plus confortable d’attaquer les frappeurs. » – Bundy
En fait, ce genre de prestation, Bundy en a toujours eu le potentiel. En 2013, il s’était classé au deuxième rang de Baseball America et de la MLB sur la liste des meilleurs espoirs. En lui, autant la direction des Orioles que les spécialistes à travers la ligue voyaient un vrai numéro 1. Cinq ans et deux saisons et demi plus tard, sa moyenne de points mérités en carrière oscille à 4,19. Sans être mauvais, son début de carrière est marqué par un manque de constance.
Et rien ne démontre plus ce manque de constance que de ne retirer aucun frappeur un jour, et d’en retirer 27 à peine trois départs plus tard.
