Vous avez dû la voir passer. Que ce soit sur votre tablette, vos cellulaires, votre écran d’ordinateur ou encore à la télévision, il est fort probable – tant vous êtes un amateur de baseball – que vous ayez vu passer la magnifique vidéo de la non moins sublime balle papillon du lanceur des Orioles Mickey Jannis.
Si ce n’est pas le cas, voici ci-dessous une belle occasion de vous rattraper.
Trop peu nombreux à mon goût
Que j’aime cette balle. Je m’ennuie d’elle. Alors qu’aujourd’hui on cherche à savoir qui lancera le plus fort possible, la balle papillon a par le passé donné beaucoup de fil à retordre aux frappeurs en tout genre. Des frappeurs à plus de .300 de moyenne aux cogneurs de longues balles, tous sont tombés au combat. Ses trajectoires imprévisibles étaient un vrai casse-tête pour tout le monde, y compris les pauvres receveurs, mais un réel bonheur à admirer.
La preuve.
Si parfois elle pouvait être aussi cruelle pour le lanceur lui-même, c’était une arme redoutable si toutes les planètes étaient alignées (la présence d’un petit vent pouvait avoir de terribles effets sur les trajectoires de la balle). Les lois de la physique n’avaient plus qu’à faire leur travail.
Mais ces artistes aux doigts et au poignet magiques, ils sont trop peu nombreux à mon goût. Mickey Jannis est tel un loup solitaire, seul à maitriser son art. Le joueur de 31 ans n’a jamais joué une seule partie dans la MLB, il traine sa valise depuis plus de 10 ans entre ligues indépendantes, ligues mineures et l’Australie, comme un papillon au vent.
Serais-je en train de lui souhaiter une place dans l’effectif des Orioles pour la saison? J’ai bien l’impression que oui. Il a l’air de savoir de quoi il parle.
Cette seule vidéo et celle un peu plus haut me renvoient à de jolis souvenirs de R.A. Dickey, qui a fait le bonheur des Blue Jays. Je pense à Steven Wright, le dernier lanceur à avoir connu le succès dans la MLB grâce à ce lancer, Tim Wakefield pour les plus anciens, Tom Candiotti, Steve Sparks, Charlie Hough et bien entendu Phil Niekro (décédé le 28 décembre dernier).
Pas pour la génération actuelle?
La « Knuckleball » s’éteint à petit feu. Pourquoi personne ne veut s’y mettre? On pourrait la comparer à un changement de vitesse, si l’on s’arrête au fait que ce ne sont pas toujours les balles les plus rapides qui sont les plus meurtrières. Une balle papillon n’est jamais très rapide et bien mixée avec une balle rapide, elle pourrait causer de jolis dégâts.
Mais le problème est ailleurs, et il est surtout culturel, les temps changent, le baseball évolue. Je pourrais aussi vous trouver d’autres raisons.
- Personne ne sait réellement l’enseigner.
- Il faut un certain temps pour la développer avant que celle-ci soit efficace.
- C’est un lancer très difficile à placer là où l’on veut.
- En plus des lanceurs, il faut former aussi des receveurs à balles papillon.
J’ai le droit de rêver, mais j’aimerais tellement en voir plus souvent sur les terrains de la MLB.
En attendant, je ne cesserais de me délecter de ce genre de vidéos.
