John Gibbons le survivant

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Maxime Lauzier

Publié le 25 mars 2018 à 6h54

On le déteste ou on l’aime. C’est souvent l’un ou l’autre et on passe rarement au milieu. Pas de nuance, John Gibbons est probablement le gérant le plus polarisant du baseball majeur à l’heure actuelle. Plusieurs l’auraient sacrifié il y a bien longtemps, encore plus après la saison 2017 médiocre que les Blue Jays ont connue. Mais Gibbons persiste et signe. Il pourrait bien être aux commandes des Jays jusqu’en 2020 et il affiche des chiffres que peu aurait pu croire qu’il atteindrait.

Gibbons a 1420 parties au compteur comme gérant des Jays ainsi que 720 victoires ce qui le place au 2e rang dans cette colonne dans l’organisation. C’est phénoménal.

Une réincarnation

Ces chiffres, il les a accumulés lors de son premier passage à Toronto entre 2004-2008 et depuis son retour en 2013. Un fait qui n’est pas nécessairement coutume. Entre les deux, il a été instructeur de banc chez les Royals de Kansas City et gérant d’une équipe AA des Padres.

John Gibbons et Alex Anthopoulos. Photo : lfpress.com

Depuis, envers et contre tous, Gibbons a mené les siens lors de deux saisons consécutives à la finale de l’Américaine avant de trébucher en 2017. Une erreur de parcours selon les Jays et John Gibbons. Sa philosophie lui permet d’espérer à mieux et de revenir aux standards des années précédentes. Sans oublier les ajouts comme Grichuk et Granderson.

Tu dois regarder ce que tu as. Si tu n’as pas beaucoup de vitesse dans ton équipe et qu’elle se fait retirer sur des prises beaucoup, c’est stupide d’essayer de voler un but. Tu dois aligner ta stratégie avec le personnel que tu as. – John Gibbons

Gibbons n’a donc qu’une seule stratégie, celle de n’en avoir aucune si ce n’est que de s’ajuster à son groupe de joueur pour profiter de leur force.

Je crois qu’être gérant, c’est juste de garder ton groupe ensemble. La game dicte souvent ce que tu feras. Plusieurs ont peut-être une philosophie différente, mais la game se crée un peu d’elle-même. J’ai toujours cru que le travail d’un gérant est de garder les troupes soudées et de gérer le staff de lanceurs.

Faire régner sa loi

On ne parle pas de dictature ici, mais bien de tracer la fine ligne entre le fait d’être «ami» avec ses joueurs et faire respecter ses décisions de boss. Le meilleur exemple? Un moment concernant Josh Donaldson.

Lors du camp, une école à proximité a demandé à l’organisation de ne pas mettre de musique pendant l’entraînement pour respecter les élèves… Donaldson n’était pas d’accord et a cassé le silence avec son hip-hop sortant d’une radio qu’il a amené. Au total, le tout a duré deux minutes avant que John Gibbons vienne fermer celle-ci. Une discussion s’en est suivi.

Une relation importante

Josh Donaldson et John Gibbons
Photo : Sportsnet

La relation entre Gibbons et Donaldson est très importante et a un impact sur le reste du groupe. Elle est faite d’une admiration mutuelle. Gibby sait que le leadership interne est plus important que les sermons dans le club-house, tout en comprenant que la ligne doit être dressée. Le gérant est le premier à le dire, l’arrivée de Josh Donaldson et de Russell Martin a changé du tout au tout le vestiaire. Un leadership sans pareil. Selon lui, si le gérant doit gérer tout, jusqu’au club-house, le gérant est dans le trouble. Ici, ce n’est pas le cas. Josh Donaldson et Russell Martin s’occupent du vestiaire, Gibbons s’occupe du reste.

« Au final, ça revient à qui tu es. Si je ne suis pas John Gibbons, je ne suis pas authentique et les joueurs voient à travers ça. Je suis arrivé devant eu comme je suis. C’est ma personnalité. Et si ça change, je ne suis pas certain que ce soit une bonne chose.»

John Gibbons a survécu à deux cycles. Le premier s’est terminé en 2008. Le deuxième n’a pas encore de date d’expiration. Mais une chose est certaine, sa façon peu orthodoxe de gérer lui permet de perdurer et de faire mentir ceux qui doutent de lui.

Source : Sportsnet

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