La saison 2019 est particulièrement prolifique en coups de circuit, cela n’a rien de nouveau. Toutefois, on a passé un cap hier puisque Jonathan Villar frappe le 6 106e coup de circuit de la saison.
L’inverse aurait été plus logique au regard de la saison des deux équipes, mais ce sont bien les Orioles qui, face aux Dodgers, ont frappé ce coup qui marque l’histoire.
C’est anecdotique. Cela aurait pu tomber sur n’importe quel autre joueur. Mais finalement, c’est bien comme cela car ça le met en avant, lui qui a frappé son 21e circuit et volé plus de vingt buts cette saison.
Une performance collective minable n’empêche pas de voir évoluer de superbes performances individuelles.
La deuxième fois qu’on voit plus de 6000 coups de circuit
L’année 2019 est donc un grand cru si vous aimez les bombes, les missiles ou tout autre projectile lancé au-delà de la clôture. C’est comme ça qu’on peut appeler les balles de notre époque, car elles sont conçues pour voler le plus loin possible.
Je trouve personnellement que ça gâche pas mal de choses, car je préfère voir des jeux défensifs. Par contre, il faudra certainement s’y habituer puisqu’une tendance s’installe. La saison 2017 était la première à plus de 6000 circuits et 2019 est donc la deuxième… et la plus prolifique.
Il reste encore seize jours donc à raison d’un quart de centaine par jour, sortez vos calculatrices, nous devrions tout de même atteindre le chiffre phénoménal de 6500 coups de circuit. Quand je vous dis qu’on passe un cap, c’est un vrai cap!
De multiples records battus, mais ça n’a aucun sens
On a battu ce record après tant d’autres déjà battus : celui de Pete Alonso pour une recrue, lui qui d’ailleurs en est déjà à 47 à lui tout seul, le nombre de circuits durant un mois calendaire, celui à l’échelle de la saison par une équipe (les Yankees et les Twins se relancent à coup de canon trois à quatre fois par match) et des records de franchise étant vieux de plusieurs dizaines d’années tombent comme des mouches.

En me lisant, vous aurez compris mon exaspération. Sommes-nous vraiment dupes? Non. Les gars jouent bien, ils frappent bien, sont performants je ne dis pas le contraire. Mais qu’on ne nous fasse pas croire qu’on a à faire à une génération exceptionnelle qui frappe mieux que personne avant eux.
Et que penser des lanceurs d’aujourd’hui? Ils sont plus mauvais que les autres? Vraiment?
L’intégrité de notre sport dont les statistiques remontent à plus d’un siècle passe aussi par le respect des conditions de jeu afin que l’on puisse comparer Pete Alonso, Babe Ruth, Alex Rodriguez ou Albert Pujols sans pouvoir avancer qu’un tel ou un tel bénéficiait de balles plus faciles à faire voyager.
Mais c’est raté.
Qui peut dire aujourd’hui combien de circuits aurait été frappé par un joueur de 2019 avec une balle de 1980? Personne.
Qui peut dire aujourd’hui dans quelles proportions la moyenne de points mérités de certains lanceurs comme Max Scherzer ou Clayton Kershaw, déjà exceptionnelle malgré ces balles dopées, aurait été meilleure? Personne.
C’est donc bel et bien raté. Robert Manfred, t’as tout raté.
