C’est en regardant hier le Top 50 des meilleurs « bat flips » sur MLB Network que je me suis dit que nous, fans de baseball, sommes parfois injustes.
À la deuxième place de ce classement, on y retrouvait celui de Jose Bautista face aux Rangers du Texas. Tout le monde s’en souvient. Qui ne s’est pas levé de son siège ce soir-là? Qui n’a pas crié de joie devant sa télévision? Qui n’a pas regardé en boucle cette séquence mémorable?
Tous ceux qui ont vu le match ce soir-là ont sans doute vécu leur plus belle émotion « soudaine » et dramatique en tant qu’admirateurs de balle.
Jose Bautista nous a procuré de l’émotion. Qu’en est-il maintenant? En lisant les commentaires des différents articles sportifs qui traitent du baseball, et ce, sur les deux dernières années, je me rends compte que le monde s’acharne pas mal sur le pauvre Joey Bats. Les partisans sont impitoyables. On passe vite de héros à zéro, de désirable à indésirable, de remède à poison. Certains sont atteints de mémoire sélective, il faut vite revenir sur Terre. Joey Bats ne mérite pas cela.
Pourquoi tant d’acharnement alors qu’on pourrait juste lui dire merci?

Une statue au pied du Rogers Center
Jose Bautista s’est imposé comme l’un des meilleurs joueurs des Blue Jays de Toronto. Il a illuminé le Rogers Center par sa classe et sa soif de victoire. Son engagement au sein de l’organisation, mais aussi auprès de la ville de l’Ontario et même du pays, lui vaudrait une statue au pied du stade bien plus que les dernières critiques infondées à son égard.
« Trop vieux, mauvais frappeur, plus de puissance, pas capable de frapper plus de 20 longues balles, fragile » … quel que soit vos sentiments actuels envers le #19 de Toronto, Jose Bautista a définitivement remis les Jays sur la carte depuis son arrivée en 2008 avec son style, ses frappes décisives et ses bat flips mémorables. Grand ambassadeur hors du terrain, Bautista a souvent offert son temps à de nombreuses causes autour de la ville.
Alors tout ne s’est peut-être pas passé comme il l’aurait souhaité au cours des deux dernières saisons, financièrement et sportivement, mais Jose Bautista doit rester un héros à Toronto.
On ne peut salir un joueur qui a donné 10 ans de sa vie à une organisation. Un joueur qui a frappé 288 longues balles pour son équipe (dont une campagne de 54 bombes en 2010), un joueur qui a toujours défendu ses couleurs et qui a fait payer les équipes adverses qui essayaient de l’intimider. Une erreur de la part du lanceur en face et la balle terminait à 400 pieds dans les tribunes. Sous la pression, s’il y avait bien un homme à avoir dans son équipe, c’était Jose Bautista.
Un déclin naturel qu’on se doit de comprendre
Travailleur acharné, Jose Bautista n’a jamais cessé de préparer son corps aux longs marathons que représentent les saisons de baseball. Seulement, les années passent et c’est tout naturellement que les performances suivent moins. Hormis Barry Bonds, quel autre joueur a été capable de hausser ses statistiques à l’approche des 40 ans? Pas grand monde.
Jose Bautista, qui a 37 ans, subit juste l’effet d’un déclin naturel, car Jose ne veut pas aller contre la nature. Ne lui parlez pas de seringues, d’aiguilles ou de quelconques produits, il pourrait vous arriver malheur. Oui à 37 ans et plus on frappe moins fort. Oui à cet âge-là on court moins vite, on lance moins fort et on est plus souvent blessé.
Encore maintenant, je suis extrêmement déçu de lire certaines choses au sujet du joueur. Les opinions sont pour la plupart basées sur la dernière saison où le slugger des Jays n’a frappé que pour .203 avec 23 longues balles en 157 matchs. Une nouvelle fois, je trouve cela injuste.
Certes, les partisans ont leur mot à dire, ça fait partie du jeu. Les joueurs sont parfois jetés dans la fosse aux serpents. Nous sommes les serpents. Cependant, avant toute critique, il serait judicieux de penser un instant au travail accompli et de ne pas réduire l’ensemble de l’oeuvre à une seule saison.
Quelque soit l’équipe pour laquelle il jouera l’an prochain et peu importe ses stats à l’issue de la saison, je n’ai qu’un mot pour Jose Bautista : MERCI.
