Par le passé, le but ultime des lanceurs partants était de se rendre le plus loin dans une rencontre, quitte à la terminer sur la butte.
Maintenant, la mission des artilleurs qui débutent les matchs est de lancer le plus fort possible pour obtenir des élans dans le vide, ce qui fait qu’ils quittent le duel plus tôt et qu’ils ont besoin de plus de repos pour récupérer.
Au point que c’est rendu la norme et qu’on ne se rend même pas compte à quel point la charge de travail des lanceurs partants continue de diminuer.
Pour preuve, le mois dernier par exemple, soit en juillet, le nombre de parties complètes a atteint un creux historique de deux, soit celles de Dylan Cease des Blue Jays de Toronto et de Yoshinobu Yamamoto des Dodgers de Los Angeles.
C’était seulement la quatrième fois dans l’histoire qu’en un mois qu’il y avait un si faible nombre de matchs complets, dont trois de ces occasions étant survenues dans les six derniers mois de baseball.
Durant le mois de juillet, les partants ont maintenu une moyenne de 5,03 manches lancées, le plus bas total jamais enregistré dans un même mois.
Pire encore : aucun lanceur n’a lancé plus de 120 lancers dans un match depuis Justin Verlander le 31 août 2025. En 2011, il y avait eu pas moins de cent matchs de ce type.
De plus, il n’y a eu que treize départs cette saison où un lanceur a effectué 110 tirs, dont quatre par Cease. Personne d’autre n’a deux matchs de 110 lancers au compteur.
Et pour en ajouter une couche, la répartition de la charge de travail entre partants et releveurs cette année est de 57% contre 43%. Il y a quinze ans, c’était un rapport de 65% versus 35%.
Les lanceurs partants sont donc maintenant une denrée jetable et il faudra s’y faire.



