Les jeux sont faits.
Les Dodgers de Los Angeles, qui ont une fiche de 9-1 en 10 matchs depuis le début des séries, représenteront la Nationale en Série mondiale. Ils ont balayé les Reds, ont battu les Phillies en quatre et ont à nouveau sorti le balai, cette fois contre les Brewers.
Quant aux Blue Jays de Toronto, ils représenteront l’Américaine dans un dénouement qui est plus surprenant que la présence des Dodgers à la danse d’automne. Dans une Américaine plus ouverte, les Blue Jays ont néanmoins battu les Yankees en quatre et les Mariners en sept.
Et là, on en est à analyser les forces en présence en vue de la Série mondiale 2025, qui commencera vendredi. Pour ceux qui veulent l’écouter en français, c’est à TVA Sports que ça se passe cette année.
Les lanceurs
Chez les lanceurs partants, il n’y a pas de débat : les Dodgers ont l’avantage. Blake Snell et Yoshinobu Yamamoto (qui lanceront vendredi et samedi) ont été étincelants contre Milwaukee, ce qui fait de Tyler Glasnow et de Shohei Ohtani des gars de bas de rotation.
Et ça, qu’on tienne compte de la puissance dans le bâton ou pas de Ohtani, c’est un luxe qu’aucun autre club ne peut se permettre.
Les Blue Jays n’ont pas une vilaine rotation, mais ce n’est pas la même chose. Kevin Gausman est excellent et Trey Yesavage aussi. Ce dernier commence à peine à lancer dans les Majeures, ceci dit.
Shane Bieber est bon, mais il n’a pas la vélocité pour en avoir une vilaine dans le bras contre les Dodgers. Et Max Scherzer vient avec ses hauts et ses bas, comme on le sait. Ceci dit, personne ne veut gagner autant que lui.
Les deux clubs pourront compter sur des partants en relève. Chris Bassitt et Eric Lauer seront dans l’enclos du club torontois, tout comme Clayton Kershaw et Roki Sasaki pour les Californiens.
Une chance que les Dodgers comptent sur Sasaki pour stabiliser leur enclos, d’ailleurs. Parce que la relève des Dodgers, comme celle des Blue Jays, est le point faible du club.
Durant les séries 2025, les Blue Jays ont la 10e pire moyenne de points mérités (sur 12) de l’enclos à 5.52. Les Dodgers sont au neuvième rang à 4.88, ce qui n’est pas forcément mieux.
Jeff Hoffman, Louis Varland et Seranthony Dominguez sont les noms à surveiller à Toronto. Chez les Dodgers, Alex Vesia et Blake Treinen sont, avec Roki Sasaki, les bras de confiance.
Les joueurs de position
Les Blue Jays n’ont pas une vilaine attaque, bien au contraire. Certaines personnes semblent la sous-estimer parce que le club n’a pas un trio du Temple de la renommée, comme les Dodgers.
Mais on s’entend pour dire qu’en ce moment, Vladimir Guerrero Jr. est le frappeur le plus dangereux sur la planète. Et il guide un groupe de frappeurs qui est dominant, profond et qui peut tout casser.
Les Blue Jays, qui ont clairement la meilleure défensive entre les deux équipes, ont aussi George Springer qui est capable de se lever en séries. D’ailleurs, attendez-vous à le voir être copieusement hué à Los Angeles, lui. #ScandaleDesAstros
Ernie Clement connaît aussi des séries extraordinaires et Nathan Lukes est vraiment important. Daulton Varsho et Addison Barger font rouler le milieu de l’alignement et Alejandro Kirk va avoir la plateforme pour connaître une grosse Série mondiale.
Andres Gimenez et Isiah Kiner-Falefa, eux, devront garder le fort défensivement.
La question, c’est aussi de savoir ce qui se passera avec Bo Bichette. Le joueur se dit prêt à revenir, mais lui trouver un rôle ne sera pas trop simple non plus.
Ce qui joue en la faveur du club torontois, c’est sa patience au bâton et sa capacité à ne pas trop souvent se faire retirer sur des prises. Si ce groupe-là fait lancer les partants des Dodgers, il peut rapidement arriver à la relève.
Est-ce que cela va arriver? À voir.
Chez les Dodgers, la question sera de savoir si Shohei Ohtani saura construire sur sa magnifique performance du match #4 contre Milwaukee. Et s’il y arrive (ce qui n’est pas dans ses habitudes en séries)… attention.
Mookie Betts (qui visera sa quatrième bague en carrière) et Freddie Freeman ont prouvé par le passé être en mesure de produire pour faire gagner leur équipe. On se souvient de ça, tout le monde?
Teoscar Hernandez a quatre circuits en 10 matchs au cours des séries 2025 et il voudra sans doute battre son ancien club. Kiké Hernandez peut se transformer en M. Octobre sur commande. Tommy Edman a la recette pour produire en séries. Will Smith et Max Muncy ont de l’expérience.
Et surveillez Justin Dean en fin de match. Il n’est pas là pour frapper, mais il sait patrouiller le champ extérieur comme un maître.
Les gérants
Dave Roberts a beaucoup d’expérience en séries. Et s’il était jadis reconnu comme étant un gérant qui faisait des erreurs en séries, ça va quand même assez bien pour lui depuis deux ans.
Il tentera d’aller chercher une troisième bague.
Il faut lui donner l’avantage sur John Schneider, qui n’est pas vilain en 2025 et qui a pas mal moins d’expérience. Mais malgré tout, son choix de releveur dans le match #5 contre Seattle a fait jaser.
Les deux doivent composer avec un enclos qui n’est pas le meilleur en ville.
Les impondérables
Évidemment, Shohei Ohtani et l’histoire de l’avion vont faire jaser. Mais une fois que la blague aura été faite et que la série commencera, le but du Japonais sera de battre le club qui le courtisait il y a deux ans.
Ohtani va devoir commencer ça sur la route, dans un Rogers Centre qui sera bruyant. Comment réagira-t-il? Après tout, une fois sur le terrain, tout peut arriver… même si tu es le grand favori des preneurs aux livres.
On sait que la grande majorité du Canada va soutenir les Blue Jays… et on sait que plusieurs Américains détestent les Dodgers. Vont-ils se rallier à la cause des Blue Jays, par la force des choses?
C’est possible.
Notons finalement qu’il ne faut pas trop s’en faire avec le fait que les Blue Jays ont joué trois matchs de plus en série de championnat parce que les quelques jours de repos vont permettre de reposer certains gars.
Et même que, historiquement, un club qui a joué sept matchs en série de championnat qui en affronte un qui a joué seulement quatre matchs a pas mal de chances de gagner la série. Les quatre fois que c’est arrivé, le club qui a balayé sa série de championnat a échappé la Série mondiale.



