Comme dit Jean de La Fontaine dans une de ses fables : « Il vaut mieux être repêché en 40e ronde et faire la ligue, qu’être repêché premier et être un flop». OK, je vous l’accorde, La Fontaine n’a pas dit ça, mais ça s’applique au sujet de ces trois joueurs repêchés tardivement, et même très tardivement, qui ont laissé leur marque dans les Majeures.

Mike Piazza
En 1988, les Dodgers ont opté pour le receveur Mike Piazza en 62e ronde (1390e choix au total). À l’époque, ils ne sont pas du tout visionnaires selon plusieurs, s’ils prennent Piazza, c’est parce que leur coach, Tommy Lasorda, le suggère. Tout ça pour faire plaisir à son bon ami, le père de Mike Piazza!
Après avoir passé quelques années dans les mineures à se faire dire «ouin, mais toi t’es ici à cause de ton papa», Piazza est nommé recrue de l’année en 1993. Les mauvaises langues croyaient toujours à un coup de chance. Eh bien, non! Piazza est devenu l’un des meilleurs receveurs de sa génération. Il a fait sa marque avec les Dodgers et les Mets pour terminer sa carrière avec le record du plus haut total de circuits par un receveur (427).
Piazza est aussi passé à l’histoire en étant le joueur repêché le plus tardivement à être élu au Temple de la renommée. Tout ça parce que Tommy a voulu faire plaisir à un ami…
Le premier choix overall de 1988 : Andy Benes, choisi par les Padres.

John Smoltz
En 1985, les Tigers ont décidé de prendre en 22e ronde, avec le 574e choix total, un lanceur : John Smoltz. Les Tigers ne croyaient pas tellement au potentiel de Smoltz, ils l’ont envoyé aux Braves contre un lanceur de 36 ans, Doyle Alexander. Cette transaction est d’ailleurs passée à l’histoire comme étant l’une des plus mauvaises.
Smoltz est devenu rapidement un rouage important du succès des Braves dans les années 90… Même s’il était le 3e partant de l’équipe. Il faut dire que Greg Maddux et Tom Glavine faisaient aussi partie de cette rotation. Smoltz a remporté un Cy Young en 1996 (cette année-là, Maddux avait laissé la chance aux autres après ses 4 Cy Young consécutifs).
En 2000, Smoltz, 33 ans, a raté toute la saison à cause d’une blessure. Sa carrière de lanceur s’est-elle terminée? Oh que nenni! À son retour, il est devenu releveur pour quelques années.
Smoltz a été élu au Temple de la renommée et il peut se vanter d’être le seul membre de cet illustre groupe à avoir compilé plus de 200 victoires et 150 sauvetages.
Le premier choix overall de 1985 : B.J. Surhoff, choisi par les Brewers de Milwaukee

Albert Pujols
En 1999, tout le monde paniquait à cause du bogue de l’an 2000! La planète devait exploser, car c’était soi-disant la fin du monde (prévue et reportée une énième fois). Les Cardinals qui ont terminé 4e dans leur division précédemment, avec leur premier choix, voulaient s’attirer la chance, et quoi de mieux que de la repêcher. Ils ont opté pour le lanceur Chance Capler : un flop. Sauf que la chance a vraiment opéré pour eux… en 13e ronde. Grâce au 402e choix, ils ont mis la main sur Albert Pujols.
Les Cards ont tellement été chanceux que Pujols n’a passé qu’une seule saison dans les mineures avant de faire le grand saut avec l’équipe en 2001. Il a frappé, cette année-là, pour .329, avec 37 circuits et 130 points produits et il a été nommé recrue de l’année. Pujols aura remporté 3 MVP avec Saint-Louis.
Le joueur a par la suite quitté pour rejoindre les Angels parce que les Cards l’ont insulté en ne lui offrant que 200 millions de dollars pour son prochain contrat. Il y en a qui s’insulte pour si peu.
À Los Angeles, même s’il joue dans l’ombre de Mike Trout, il continue d’accumuler des statistiques qui lui permettront d’être facilement élu au Temple de la renommée.
Le premier choix overall de 1999 : Josh Hamilton, choisi par les Devil Rays.
