La saison dernière et pour la première fois depuis 15 ans, le nombre total de personnes ayant mis un pied au stade est passé sous la barre des 70 millions (69 625 244 de spectateurs). Un chiffre dont les hautes instances du baseball se seraient bien passées. L’affluence moyenne par match a chuté de 4% entre 2017 (30 042 spectateurs/match) et 2018 (28 830).
Pluie, froid, séries de défaites, équipes en reconstruction, piscine, partie de cartes chez les beaux-parents, les raisons pour avoir décidé de ne pas aller au stade sont nombreuses.

Mais où sont passés les gens?
Sur les 30 formations de la Ligue, 17 d’entre elles ont subi une baisse d’affluence dans les gradins en 2018. Les plus touchées étant Toronto (de 3,2 millions en 2017 à 2,3 millions en 2018) et Miami (1,5 million à 811 104). Là encore, les Marlins se défendent en affirmant que l’ancienne direction aurait gonflé les chiffres de 2017 qui seraient en réalité, bien inférieurs à 1 million. Quoi qu’il en soit, cela reste très bas.
La MLB doit-elle s’inquiéter?
Rob Manfred jure que non, affirmant qu’une mauvaise météo «historique» lors du printemps 2018 serait une des causes principales. Pour preuve, il y a eu 28 matchs reportés rien qu’au mois d’avril, un record, et 102 rencontres se sont disputées sous une température inférieure à 10 degrés Celsius. La raison est valable. Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’apprécie beaucoup plus ma bière au stade sous le soleil que dans un froid polaire.
Même s’il est facile de tout mettre sur le dos du ciel, il faut aussi se demander pourquoi les tourniquets des stades sont restés plus muets qu’à l’habitude en 2018.
Le prix des billets fait parfois peur à voir. Le coût moyen pour un billet a augmenté de 2,7% l’an passé et il vous faudra débourser en moyenne 32,44$ pour vous en procurer un.
La MLB fait du profit, les clubs aussi. Les deux pourraient alors se permettre de revoir un peu le prix des précieux sésames pour attirer du monde au stade, car du profit, ils en feront encore et toujours.

Le côté sombre du modèle «Astros»
Dégraisser pour reconstruire. Si vous vous penchez un peu sur les dernières années, vous remarquerez que beaucoup d’équipes se mettent à reproduire ce que les Astros de Houston ont fait ces dernières années. Les Cubs en sont le bon exemple aussi. Végéter au fond de la cave pendant trois ou quatre années le temps de se refaire une santé et s’installer comme une puissance du baseball est une stratégie qu’on risque de voir de plus en plus. Mais cette stratégie a un impact sur les foules présentes aux stades.
L’an dernier, huit formations ont perdu 95 matchs ou plus dans leur saison, une première dans la MLB. Les Orioles, les White Sox et les Royals sont les trois plus mauvais élèves avec 100 défaites chacun. Aussi, et pour la première fois, les 30 équipes réunies ont amassé plus de retraits au bâton (41 207) que de coups sûrs (41 018).
Les spectateurs ont beau aimer leur équipe, le spectacle ne vaut parfois pas la peine de se déplacer.

En 2018, un tiers de présences au bâton (31,7%) se sont soldés par un strikeout, un but sur balles ou un frappeur atteint par un lancer. Ce qui veut dire une balle qui n’a jamais été en jeu. Les .248 de moyenne générale au bâton pour les 30 équipes sont les plus bas jamais enregistrés depuis 1972 (.244), la dernière année avant l’introduction du frappeur désigné dans la MLB.
Les gens veulent du spectacle. Avec tout le respect que j’ai pour les joueurs professionnels quand je vais au stade, j’y vais pour voir les meilleurs. Oui quand j’irai au Stade olympique de Montréal voir les Blue Jays affronter les Brewers en mars prochain, j’espère y voir les Vlad Guerrero Jr., Lorenzo Cain et Christian Yelich.
Oui, j’en veux pour mon argent!
En résumé, le remplissage des stades continuera de varier d’année en année selon la forme actuelle des équipes et leur étape dans leur reconstruction, mais la première chose par laquelle la MLB pourrait commencer serait de baisser le prix de ses billets.
