Patrick Corbin amène la rotation des Diamondbacks à un autre niveau

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Maxime Lauzier

Publié le 24 avril 2018 à 10h30

Dimanche dernier, Patrick Corbin a retiré 11 frappeurs sur des prises en six manches, allouant seulement deux coups sûrs et un but sur balle au passage. À son départ précédent, il réalisait un match complet, neuf retraits sur des prises et un petit coup sûr permis : un diantre simple à l’avant-champ de surcroit.

Photo : Twitter @Dbacks

Il s’agissait pour lui de son premier match complet depuis 2013 et de son premier match de 11 retraits sur trois prises en carrière. Son rendement après cinq départs est tout simplement hallucinant :

  • WHIP (coups sûrs et buts sur balles par manche) à 0.66;
  • 48 retraits sur trois prises, ce qui le place premier dans la Nationale et deuxième dans les Majeures;
  • Un surréel ratio retrait sur trois prises/buts sur balles de huit contre un!
  • Une belle fiche de 4-0 en cinq départs.

Zack Greinke était habitué aux éloges. Robbie Ray a ouvert les yeux de tous les partisans l’an dernier. Zack Godley était pressenti pour s’éclater à son tour, mais c’est plutôt Corbin qui change le portrait de la rotation en Arizona.

Ce qui a changé

On avait vu le potentiel auparavant. Entre autres avant son opération Tommy John en 2014, et durant une belle séquence en fin de saison l’an dernier, mais jamais à ce point.

Photo : Twitter @Dbacks

Le secret de sa transformation lors de ses cinq premiers départs? Lui-même n’en est pas certain, toutefoisdeux éléments ressortent. D’abord, le contrôle de sa balle rapide lui permet de prendre rapidement les devants dans le compte. Jusqu’ici, il soutire une prise au premier lancer dans 66.1% des présences au bâton, un rythme qui l’aurait placé au cinquième rang des Majeures en 2017.

Avec une avance dans le compte, il peut ainsi sortir l’arsenal lourd : sa dévastatrice glissante. Corbin a compris qu’il s’agissait de son meilleur lancer et il l’utilise à outrance. Plus les années avancent et plus son utilisation de sa glissante a augmenté (16.4 % en 2012 contre 38.8 % en 2018). Jusqu’ici, les frappeurs adverses sont méduser par la glissante, frappant pour .054 (3 en 56!) contre elle.

Mais encore, Corbin varie la vitesse de sa glissante cette saison, si bien que Fangraphs lui ont ajouté une balle courbe dans son utilisation de lancers, même s’il s’agit grossièrement du même lancer. Cette arme à double tranchant mystifie les frappeurs en tombant plus souvent hors de la zone des prises et génère ainsi plus d’élans dans le néant.

Le profil fangraphs de Corbin juste ici.

Feu de paille ou feu ardent?

Photo : twitter @Dbacks

Je le répète souvent : c’est long une saison de baseball. On devra attendre plus que cinq matchs avant de lui donner son Cy Young. Reste que l’échantillon est franchement impressionnant. Ses exploits sont si éloquents que même une légère baisse de régime ferait de lui un des bons lanceurs de la MLB.

Corbin, Zack Greinke, Robbie Ray et Zack Godley, ça se dessine comme une belle rotation pour les séries. Sans même avoir ajouté un nouveau venu à leur rotation, les Diamondbacks semblent avoir les bras pour s’occuper des Dodgers dans une éventuelle série-revanche. En attendant le mois d’octobre, ce sont les prouesses de celui que l’on attendait le moins dans la rotation qui font rêver les partisans d’Arizona.

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