À l’heure où j’avais prévu de rédiger cet article, les Rockies étaient en tête de leur division. Après quelques défaites face aux Dodgers et aux Giants, les voilà deuxième. Eh oui, dans le baseball, on joue chaque jour et les positions changent aussi vite que la course du soleil dans le ciel.
Deuxièmes donc et on peut dire qu’ils sont habitués, car les Rockies n’ont tout simplement jamais gagné leur division depuis leur création en 1993 (25 ans cette année!). Leur meilleure saison remonte à 2009 où ils avaient remporté 92 parties sur 162, deux ans après la grande finale perdue contre Boston.
S’en sont suivies sept longues années de misère pendant lesquelles les fidèles spectateurs du Coors Field ont dû trouver le temps long jusqu’à l’embellie de l’an dernier où ils se sont qualifiés laborieusement pour la phase finale du mois d’octobre. Que d’espoirs, donc! Surtout quand on voit jouer des joueurs aussi fabuleux que Blackmon au style inimitable et Arenado, l’un des meilleurs à son poste.

Mais alors, que peuvent attendre les Rockies de 2018?
Arenado et Blackmon ont contribué pour beaucoup à la belle saison de 2017 et ils remettent le couvert cette année. Douze coups de circuit chacun déjà, ce qui est tout à fait acceptable. Mais ce que je note, c’est qu’ils sont moins seuls de ce côté. Trevor Story en est à 11 longues balles, quatre triples (j’adore les frappes qui vous emmènent au 3e but) et il mène la danse en termes de points produits (41). Ian Desmond contribue aussi dans une moindre mesure. L’équipe est donc plus dense : si Blackmon ou Arenado flanchait l’an dernier, l’équipe était moins performante. De ce point de vue, il me semble que les violets du Colorado ont progressé et cela joue en leur faveur.
Vraie performance ou défaillance des rivaux?
Toutefois, quand on regarde un classement, on peut se poser cette question : l’équipe à la première place est-elle vraiment dominante ou profite-t-elle d’une défaillance des adversaires? On ne se pose pas cette question avec les Astros, les Red Sox ou les Yankees, car il est indéniable que ces équipes peuvent faire basculer des matchs sans dépendre des autres. Pour les Rockies, si l’attaque est assez performante, la défense, c’est une autre histoire et bien sûr que les problèmes de leurs rivaux – les Dodgers et leurs blessures, les inconstants Giants, la très mauvaise passe offensive de l’Arizona – ont contribué à les mener à la première place. Si ces équipes retrouvent leur efficacité, les Rockies auront du mal à se qualifier pour les séries.
Que manque-t-il précisément?
S’il faut chercher un problème, ce n’est pas du côté de Wade Davis qui a conclu 18 matchs avec succès – un des meilleurs totaux – et sa mauvaise performance de ce dimanche est une exception. Les Rockies ont trouvé là un finisseur conforme à leurs ambitions. La relève pose davantage de problèmes, car après Ottavino, qui totalise 14 retraits par 9 manches de moyenne, ce qui est faramineux, personne n’est vraiment rassurant.
Les lanceurs partants ne sont également pas de la trempe des lanceurs élites. Gray retire beaucoup de frappeurs, mais accorde trop de points. Des points, Anderson et Marquez sont également enclins à en donner un peu trop. Freeland et Bettis semblent plus fiables. Freeland, natif de Denver et chouchou du public, n’a toutefois que 25 ans et joue sa deuxième saison. Il est trop tôt pour tout lui mettre sur les épaules. Après, il serait de mauvaise foi d’ignorer les conditions atmosphériques de Denver. On ne lance pas la balle aussi vite à 1650 m d’altitude et ça se ressent sur les statistiques!
Nul doute qu’à Denver le désir de gagner le titre suprême est aussi élevé que l’altitude sur le plateau de la Mile High City. Toutefois, gagner la division sera une étape difficile à franchir, mais nécessaire en vue d’ambitions encore plus grandes! En attendant, Blackmon et Arenado continueront de mettre le feu au Coors Field!
