Vous ne serez pas surpris d’apprendre que pour un lanceur, les risques de blessure augmentent proportionnellement en fonction de la puissance de celui-ci.
À preuve, les trois derniers lanceurs d’importance à passer sous le bistouri dans le cadre d’une opération de type Tommy John sont tous des artilleurs possédant une balle rapide ayant une vélocité supérieure à la moyenne des Majeures.
Luis Severino, Chris Sale et Noah Syndergaard sont les derniers sur la liste.
Face à ce constat, faut-il s’inquiéter de l’avenir des lanceurs de puissance et mieux les protéger?
Certains diront que les problèmes seraient plutôt liés à la mécanique d’exécution et non à la puissance elle-même. Ils donneront à titre d’exemples Nolan Ryan et Randy Johnson, qui furent parmi les plus puissants de l’histoire tout en ne souffrant pas de blessures majeures au coude ou à l’épaule.
Ceci étant dit, la réalité est tout même éloquente à ce sujet et il faut craindre des situations déplorables entourant les adeptes de la vitesse à l’état pur tel Gerrit Cole. Il serait catastrophique pour lui et les Yankees si ce dernier devait manquer une période de temps significative en raison d’une opération au bras.
Les recherches vont bon train
Les statistiques sont alarmantes à ce sujet : depuis les derniers 18 mois, le tiers des 21 lanceurs les plus puissants des Majeures ont manqué du temps en raison de blessures. C’est le moment de se questionner sur le rapport qui existe entre la puissance et la santé de ceux qui la préconisent.
Des recherches en cours en ce moment font la corrélation entre l’utilisation de la balle rapide à profusion et les risques de blessures liés à ce style de jeu. Au cours des cinq dernières années, Syndergaard a lancé 5 078 balles rapides, faisant osciller le radar à 97 milles à l’heure et plus à chaque occasion. Comment des ligaments peuvent endurer un tel traitement ?
Comme mentionné précédemment, devons-nous mettre la faute sur l’usure ou l’utilisation d’une mauvaise technique de propulsion? Difficile de dire que le partant des Mets souffre de fatigue au niveau de son bras, car il n’a jamais lancé plus de 118 tirs lors d’un départ, son équipe prenant grand soin de lui. Alors, il faut se tourner vers la façon dont les tirs sont effectués.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les statistiques des dernières années démontrent que malgré le fait que la vélocité moyenne des balles rapides a augmenté, passant de 92.7 milles à l’heure en 2015 à 93.1 milles à l’heure en 2019, les lanceurs utilisent cette fameuse rapide moins fréquemment. La proportion d’utilisation de la balle rapide versus les autres tirs a maintenant atteint la parité à 50 % – 50 %.
Afin d’éviter les absences à long terme, les lanceurs doivent donc revoir leurs façons de faire, mais ne pas avoir peur d’utiliser à nouveau la spectaculaire balle rapide.
