J’ai récemment entendu dire que les Indians de Cleveland faisaient moins peur que la saison dernière. Il est vrai que l’équipe de Terry Francona semble en arracher un peu plus cette saison pour s’imposer dans une division centrale de la Ligue américaine moins relevée que ses voisines «est» et «ouest».
Après quelques recherches et quelques clics, j’ai réalisé que ni plus ni moins, et en date du 30 mai 2018, les Indians disposaient de la même fiche après 53 matchs que lors de la dernière campagne, celle qui les a vus remporter 102 victoires dans une saison qu’ils auront au final dominés de la tête aux pieds. Pas de panique donc du côté de Cleveland.

Les Indians dans l’ombre des grosses écuries
C’est en écoutant l’épisode 17 de notre excellent podcast Passion MLB que m’est venue l’idée de me pencher sur la question au sujet des Indians. Sont-ils vraiment moins bons que la saison passée? «Das Panzer» François Doyon n’avait pas l’air convaincu par le début de saison de la tribu… Certes, il y a eu ces matchs où les dernières manches ont été fatales, il y a eu la blessure d’Andrew Miller, le départ au ralenti de Jose Ramirez et j’en passe… Ah oui, les Indians n’ont «que» 28 victoires contre 25 défaites, ça saute un peu moins au visage que le «38-17» des Red Sox de Boston ou le «34-17» des Yankees de New York.
Hier soir, les Indians se sont imposés aisément 7 à 3 face aux moribonds White Sox de Chicago. J’ai vu une belle équipe sur le terrain. Une formation sûre d’elle et de ses forces. Sans faire de bruit, dans l’ombre des plus grands, les Indians tracent leur route en paix, et quand on essaye de leur mettre des bâtons dans les roues (NDLR Jose Ramirez accusé à tort de dopage), l’équipe répond à grands coups de bâton.
Les chiffres d’une équipe qui va mal? Ben voyons donc…
Mike Clevinger a été l’instigateur du succès des siens en étant plus que solide sur la butte, remportant au passage son 4e match de la saison avec notamment sept K en 6.2 manches lancées.
Michael Brantley, Jose Ramirez et Jason Kipnis ont joué les gros bras en claquant chacun un circuit. Francisco Lindor a lui aussi produit un point.
Ils sont désormais cinq joueurs dans l’équipe à avoir produit au moins 30 points depuis le début de la saison.
De son côté, Michael Brantley poursuit sa série de matchs avec au moins un coup sûr avec 18, une série au cours de laquelle il frappe pour .355. Avec Jose Ramirez, les deux joueurs qui se suivent dans l’alignement ont frappé à eux deux 55 coups sûrs de plus d’une base, obtenu 41 buts sur balles et seulement 40 retraits au bâton.
Si on ajoute Francisco Lindor à ce duo de tête, on a peut-être le plus beau trio offensif pour un haut d’alignement dans une équipe de la MLB. À vous de trouver mieux.
Alors même s’ils n’ont que 28 victoires cette saison et semblent encore loin des 102, les Indians sont là, comme l’an passé, avec le même talent. Les lacunes des uns seront compensées par le talent des autres. À Cleveland, le but reste le même : soulever le trophée de la Série mondiale à la fin de la saison.
