D’emblée, je vous le dis : avant que Bryce Harper rejoigne mon équipe, je n’étais pas un fan. Loin de là. J’ai toujours su apprécier son immense talent et son attitude de gagnant, mais que voulez-vous? Quand un gars comme lui fait mal paraître ton équipe soir après soir, difficile de l’aimer. Depuis le 28 février, je n’ai eu d’autre choix de «laisser une chance» au bad boy du baseball majeur. Soyons honnêtes, il est difficile de ne pas l’aimer quand il est du bon côté.
Un impact palpable
En quatre matchs avec mes Phillies, Harper a des statistiques hallucinantes, mais calmons-nous, ce n’est qu’un maigre petit quatre matchs. Une moyenne de .429, un OBP de .556 qui lui valent un OPS de 1.214… c’est monstrueux! (Ces statistiques n’incluent pas le match de cet après-midi) Au compteur, déjà trois circuits, deux doubles et cinq points produits. Cet impact offensif se fait sentir aussitôt et il permet à son équipe de trôner au sommet de l’Est de la Nationale avec un dossier toujours immaculé de quatre victoires.

Outre cette production qui permet aux Phillies d’aligner des victoires, ce n’est pas ce qui m’a le plus frappé depuis que Bryce s’est joint à la troupe de Gabe Kapler. Je vois une équipe entière complètement transformée depuis son arrivée. Des poignées de mains spéciales avec Andrew McCutchen, Rhys Hoskins et Maikel Franco. Des sourires. De nombreux high five. Bref, une attitude de gagnant est maintenant présente dans l’entourage du club et ça transcende l’écran. Harper qui arrive dans la droite, hier au Nationals Park, et cette section était bondée de partisans des Phillies. Harper les a salués, à sa façon, pour leur souligner qu’il les avait vu. Ceux-ci se sont enflammés devant lui.
C’est de ça que les Phillies avaient besoin aussi. Pas simplement d’une superstar offensive, mais d’un gars qui allait souder les liens et amener son attitude de gagnant dans le dugout. Je n’ai pas vu autant de sourires et de gars avoir du fun depuis les belles années des Ryan Howard, Jimmy Rollins, Chase Utley, Jayson Werth et Shane Victorino… écoutez… même Aaron Nola laisse échapper des sourires ici et là! C’est ne pas rien!
Jeff me l’avait dit…
C’est bien connu. Mon collègue Jeff Drouin est un aussi grand fan des Nationals que je le suis des Phillies. On se tire la pipe et on s’écoeure à longueur de saison puisque dans un certain sens, on est des rivaux de division. Jeff s’est tué à me dire qu’Harper était un grand joueur. Il m’a défilé son CV bon nombre de fois pour me le faire « aimer ». Ça a jamais fonctionné, malheureusement pour lui. Par contre, maintenant, avec ce que je vois et ce que j’ai vu, j’ai pas le choix de dire qu’il avait raison. Bryce Harper, ce n’est pas seulement un joueur cocky qui veut gagner. C’est aussi un homme qui fait face à l’adversité. Après avoir passé dans le tordeur deux fois plutôt qu’une par le grand Max Scherzer, Harper est revenu en force avec trois coups sûrs dont un retentissant circuit de deux points… batflip en prime!

J’ai toujours défendu ce fameux batflip de Bautista. J’ai toujours dit que ça en prenait un peu de cockiness dans notre sport favori. Ça rend ça spectaculaire… ça rallie les gens!
Alors, je l’avoue, maintenant: je suis maintenant un fan de Bryce Harper. Oui, c’est facile, il joue pour mon équipe, mais que voulez-vous? Ça prenait peut-être ça pour que je puisse me rallier à son camp.
Méa culpa, monsieur Bryce Harper.
Méa culpa, Jeff Drouin… tu avais raison.
