Le match sans point ni coup sûr, au baseball, c’est un art. C’est toutefois loin d’être monnaie courante et pour plusieurs lanceurs, c’est l’accomplissement d’une vie. On peut habituellement compter combien il y en a eu sur toute une saison avec les doigts d’une main, mais en 2021, c’est une autre histoire.
Début mai. Un peu plus de cinq semaines sont écoulées dans le baseball majeur, et déjà, on recense quatre matchs sans points ni coup sûr. C’est historique. Tellement historique que si l’on souhaite remonter à la dernière fois où on a vu une chose pareille, il faut faire un bond de 104 ans.
C’est en 1917, la dernière fois où il y a eu quatre parties de la sorte avant la fin du mois de mai. Et si l’on compte les sept manches de Madison Bumgarner, on est à cinq. Le « record » serait ainsi brisé.
C’est bien beau, battre des records, mais concrètement, pourquoi ça arrive? Qu’est-ce que le baseball fait de différent, et qu’est-ce qui peut contribuer à ce qu’un match sans point ni coup sûr soit lancé?
C’est une question de mentalité, mais pas chez les lanceurs. Chez leurs opposants directs. Depuis quelques années, et 2021 en est pour l’instant le point culminant, de plus en plus de frappeurs se donnent seulement deux options lorsqu’ils s’installent au marbre : c’est un retrait sur des prises ou c’est un circuit.
Les élans sont moins axés sur le contact, le placement. Ils privilégient plutôt la force brute, la puissance. L’autre côté de la clôture, finalement. Bien sûr, ce ne sont pas tous les élans. On parle ici d’une prise de pouls générale, mais qui peut tout de même expliquer une part du phénomène.
Bien sûr, il y a également une part de chance. Et par chance, c’est plutôt la chance que toutes les conditions possibles à la réalisation d’un tel match soient remplies. Un lanceur en pleine forme, dans sa zone, un momentum favorable, peut-être des vedettes adverses absentes de l’alignement… il est là, lui aussi, l’élément de chance.
Peu importe son origine, c’est qui est intéressant pour le baseball en général, c’est qu’il y a un certain engouement autour des matchs sans point ni coup sûr. Plusieurs milliers de personnes se connectent lorsqu’on les notifie qu’une performance est proche d’atteindre ce seuil symbolique.
Un match pareil, c’est bon pour le produit, excitant pour les partisans et mémorable pour le lanceur. Les seuls perdants, ce sont ceux qui rentrent chez eux bredouilles.
