L'importance des joueurs bilingues dans une formation

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Maxime Lauzier

Publié le 9 janvier 2018 à 7h00

Le baseball n’est plus seulement un sport réservé aux Américains comme autrefois. À l’instar du marché du travail en général, beaucoup de joueurs proviennent de différentes cultures.

Les joueurs parlant espagnol et japonais sont nombreux à évoluer dans ce milieu dominé par l’anglais. Malheureusement pour certains d’entre eux, l’apprentissage de l’anglais n’est pas facile. Combiné au dépaysement vécu par le changement de pays, les jeunes vivent parfois des moments difficiles.

C’est pourquoi la présence de vétérans bilingues dans une formation est essentielle. En ayant à leurs côtés des vétérans qui peuvent non seulement les guider, mais aussi leur traduire les consignes du gérant, les jeunes se sentent en confiance.

Un grand qui a été aidé en début de carrière

Ivan Rodriguez, grand receveur des Rangers, est né à Porto Rico. Même s’il a suivi des cours d’anglais en arrivant aux States, il se sentait plus à l’aise dans sa langue natale.

Photo : USA Today

À son deuxième match en carrière, il s’est pointé avec son anglais approximatif — et ses 19 printemps — devant le grand Nolan Ryan, 44 ans. Il était donc très fier de voir débarquer Julio Franco, un joueur bilingue, qui voulait s’assurer que les deux hommes allaient se comprendre. Son niveau de stress a sans doute baissé un brin!

C’est aussi ça l’importance d’avoir un joueur bilingue sur le terrain. – Rodriguez

Lors des premières années du receveur, Franco et Rafael Palmeiro se pointaient au monticule avec lui chaque fois. C’était chaque fois un cadeau inestimable pour le jeune homme…

L’impact d’un Bautista

Jose Bautista parle espagnol et anglais ; il est bilingue. Celui qui a étudié à Chipola College, en Floride, n’a donc aucun problème avec son anglais et il a été élevé en espagnol.

Ce n’était cependant pas le cas de tout le monde. Selon ses dires, plusieurs jeunes joueurs des mineures ne comprenaient pas les consignes des entraîneurs… et passaient donc pour des paresseux parce qu’ils ne faisaient pas ce qu’il fallait. Joey Bats passait en arrière et il leur expliquait en espagnol ce que le coach lui avait dit.

Ce n’était pas long que le joueur allait voir le gérant pour s’excuser! – Bautista

Même dans les Majeures, Bautista jouait ce rôle. Le dernier joueur à en avoir profité dans la Ville-Reine est Teoscar Hernandez, rappelé en septembre passé par les Jays.

Ce qui change tout, c’est le statut de l’homme. Quand un gérant ou un traducteur intervient, le joueur écoute, évidemment. Cependant, quand un coéquipier traduit des propos en plein milieu d’un match, le joueur sait que l’autre joueur vit la même pression que lui au cours du match. Le geste devient donc plus symbolique et apprécié.

Photo : National Post

Ce sont de petits gestes qui font toute la différence pour les joueurs qui ne sont pas en mesure de bien saisir toutes les subtilités de l’anglais.

À l’inverse, le cas Ichiro

Tant qu’à parler des langues, je voudrais jaser un brin d’Ichiro.

Je ne m’en suis jamais caché, Ichiro est l’un de mes joueurs favoris. Le Nippon est un grand joueur qui aura laissé sa marque, mais qui n’est pas assez reconnu à mon goût. Est-ce pour cela que les commentaires négatifs concernant son interprète viennent me chercher encore plus? Peut-être, oui.

Mettons le cas en contexte. Ichiro est né au Japon et il a appris l’anglais en arrivant à Seattle. Il est capable de parler anglais et de se faire comprendre depuis quelques années déjà.

Le gars a même appris l’espagnol pour insulter les joueurs latinos dans leur langue!

https://twitter.com/constante24/status/921471313172148224

Mais les gens critiquent le fait qu’il utilise encore son interprète lors des entrevues. Mais pourquoi donc tant de haine? Si le joueur se sent plus confortable avec son interprète et qu’il préfère discuter dans sa langue pour éviter les problèmes, je ne vois pas le problème.

Je ne peux m’empêcher de penser à Jerry Remy qui ne comprenait pas l’importance du traducteur sur le monticule pour l’artilleur Masahiro Tanaka.

C’est une mentalité qui change à grands pas, mais il reste encore du chemin à faire. Les joueurs sont bien entourés aujourd’hui, tel qu’illustré tout au long du texte, mais il restera toujours quelques personnes pour empêcher le progrès.

Source : Sportsnet

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