Les Yankees de New York : C'est blanc ou c'est noir

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Maxime Lauzier

Publié le 22 mars 2018 à 13h01

On adore les Yankees ou on les déteste. Un peu comme Tiger Woods ou Tom Brady dans un autre contexte. C’est blanc ou c’est noir. L’indifférence n’est pas une option et la zone grise est plutôt impopulaire.

On adore les Yankees parce que saison après saison, ils présentent une équipe compétitive sur le terrain. Ils ne prennent pas leurs partisans pour acquis. La reconstruction dans le Bronx n’est pas une option. Les tentacules sont immenses, bien nanties, et s’activent constamment dans un seul et unique but : assurer une pérennité victorieuse. Ils l’exécutent à merveille et les partisans, les joueurs et tous les New Yorkais ont une fierté inégalée de faire partie de cette famille.

Par contre, la médaille possède deux côtés. On déteste les Yankees pour cette fierté, souvent arrogante. Le roi de la montagne ne fera jamais l’unanimité. On n’est pas dupe, on comprend leur situation. On trouve quand même le moyen d’espérer les voir tomber. L’empire, avec ses inépuisables ressources financières, matérielles ou humaines, semble constamment être avantagé. Le piédestal leur appartient et, peut-être par envie, on souhaite à tout prix leur enlever.

La haine envers les Yankees existe. Source: Bless You Boys

Je suis un des rares qui se situe dans la fameuse zone grise. C’est la première fois que j’écris un papier sur eux. Malgré tout, mes yeux de partisan de baseball ne peuvent qu’acquiescer sur le plaisir de les voir évoluer et sur la grande machine de sport qu’ils représentent. Mais, cette fois-ci, j’aurais aimé les voir réussir sans utiliser leurs maléfiques tentacules.

Dernièrement, ils ont fait ce qu’ils font de mieux depuis vingt ans. Ils ont attiré dans leur rang, à la manière des Yankees, le meilleur joueur disponible. Le 11 décembre dernier, Giancarlo Stanton, le joueur le plus utile dans la Nationale, s’ajoutait volontairement à un alignement déjà bien garni. Ce coup-là, ils nous l’ont fait souvent au cours des années: Roger Clemens, Mike Mussina, Jason Giambi, Alex Rodriguez, Mark Texeira, CC Sabathia, Aroldis Chapman, et j’en passe.

Stanton chez les Yankees. Source: NY Times

Déçu, pas fâché…

En lisant régulièrement François Doyon (dit le Tank), une sommité lorsqu’il est question des Bombardiers du Bronx, on comprend que financièrement, c’était un bon coup. Les jeunes étoiles des Yankees jouent au rabais pour encore quelques années, donc oui, c’est une addition sensée. Mais suis-je le seul à être déçu? Pas pour un souhait de parité ou dans un élan de haine, mais pour ne pas avoir la chance de voir ce qu’ils auraient pu accomplir par eux-mêmes.

Les Yankees de 2017 nous en ont fait voir de toutes les couleurs. Judge a ébloui, Severino a écarquillé les yeux, Sanchez s’est imposé, Didi nous a amusés. Une équipe taillée sur mesure à New York, par New York. Une équipe qui démontrait l’étendue de ses ressources de recrutement et de développement. J’aurais aimé, en tant que partisan de balle, les voir gagner de cette façon.

Malgré tout, ils n’ont pas mis la main sur le trophée depuis 2009. C’est une éternité dans leur monde à eux. En 2018, ils gagneront assurément leur part de match. Les chances qu’ils se rendent jusqu’au bout sont bien réelles. Ils atteindront certainement des sommets de cotes d’écoute. Qu’on les vénère ou qu’on les haïsse, avouons-le, ce sera toute une équipe qu’ils présenteront sur le terrain le 29 mars prochain. Nos yeux de partisans, et non le coeur, ne peuvent que s’en réjouir.

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