Il y a des séries de victoires qui font du bien. Vous allez me dire, «une victoire, oui, ça fait toujours du bien», mais quand vous parvenez à gagner cinq matchs de suite, ça va encore mieux! Cinq gains consécutifs, c’est un repère appréciable, surtout pour les Tigers, qui sont dans une très grosse restructuration depuis un an. Une série comme ça, ils n’en avaient pas connu depuis la fin de la saison 2016. L’année 2017 a été longue et pénible et les derniers résultats mettent un peu de baume sur le cœur des fans de Détroit.
Quelle portée doit-on donner au bilan actuel des Tigers?
Alors bien sûr, la division dans laquelle se trouve les Tigers, la Centrale de la ligue américaine est la plus faible cette saison. Le vainqueur de ces dernières années, Cleveland, mène la division malgré un bilan peu glorieux de 37 victoires et 33 défaites. La concurrence n’est pas féroce et Cleveland pourrait même souffrir du fait d’affronter si souvent des adversaires peu coriaces.

Bref, les Tigers ont connu un début de saison très décevant malgré des adversaires largement à leur portée (Orioles, Pirates, Royals notamment). Ils ne comptaient que 15 victoires pour 21 défaites. Le calendrier annonçait un déferlement de défaites avec les parties à venir contre les Red Sox, les Yankees, les Indians ou les Angels. Étonnamment, les Tigres ont rugi ces dernières semaines et ont redressé la barre. Ils comptent désormais un bilan presque à égalité, soit de 36 victoires pour 37 défaites.
Et si finalement, les Tigers étaient sur le retour? Je ne le pense pas pour autant… Même si les Tigers sont une équipe légendaire qui ne se contente pas longtemps d’un rôle de second couteau, les dirigeants sont toujours dans la logique de vendre leurs meilleurs joueurs, toujours pour acquérir des jeunes pousses qui feront sourire les fans dans les années à venir.
Un entraîneur qui tire le meilleur de son équipe
À y regarder de plus près, Ron Gardenhire fait un sacré beau boulot portant une équipe médiocre vers des statistiques intéressantes. S’appuyer sur Castellanos, désormais une valeur sûre après quelques saisons réussies, a par exemple été une réussite. Il frappe en moyenne pour .310 cette saison. La grave blessure de Cabrera va d’ailleurs pousser l’entraîneur à encore plus d’ingéniosité pour poursuivre une saison de transition pas si mauvaise.
Côté lanceurs, c’est moyen. Zimmerman, censé être le fer-de-lance de l’équipe, déçoit avec une MPM de 5.20. Liriano, blessé, fait le travail, mais sans plus. Fulmer et Fiers sont du même calibre, sauf que les vraies satisfactions sont Boyd avec une MPM de 3.23 et Hardy, qui a lancé hier lors de la victoire de 3-1 contre les White Sox. Ce dernier lâche 3.32 points par match.
L’entraîneur compte d’ailleurs l’inclure dans une rotation à six lanceurs pour faire souffler tout le monde. Pas bête, car les lanceurs remplaçants, hormis Jimenez, ne freinent pas assez les ardeurs des frappeurs qu’ils affrontent.

Alors certes, les Tigers de Detroit n’ont pas fini leur reconstruction et certains bons joueurs risquent de s’en aller. Castellanos en premier lieu. Ceci dit, ça n’empêche pas de rêver un peu à une place plus haut dans le classement. En attendant de se laisser aller à des rêves fous, les fans peuvent profiter de victoires, et ce, même en pleine reconstruction. C’est une aubaine, et ce n’est pas un fan des Orioles comme moi qui vous dira le contraire.
