Dans la vie, on se pose toujours tout un tas de questions de tout genre auxquelles nous n’aurons parfois jamais les réponses. Et puis, il y a aussi des certitudes qui ne nécessitent aucune analyse scientifique ou morale. «L’eau ça mouille et le feu, ça brûle». Parfois, c’est aussi simple et évident que cela.
Quand je pense à cela, je ne peux m’empêcher de penser aux Dodgers de Los Angeles. La belle et coûteuse équipe de Californie a déjà un pied en séries éliminatoires et pourtant, j’ai la certitude que celle-ci va s’imposer … je me reprend, que celle-ci va une nouvelle fois choker, et ce, peut-être même plus tôt que prévu.
Trop beau pour être vrai
Les Dodgers ont tout pour plaire. Les fiers représentants numéro un de la cité des anges ont tout d’un bon scénario hollywoodien. Ils sont beaux, ils ont plein de partisans partout dans le monde, ils ont le meilleur lanceur (Kershaw), le meilleur closer (Jansen), des jeunes qui frappent fort (Bellinger, Pederson, Verdugo, Muncy), des héros d’un soir (Smith, Hernandez, Taylor). Ils ont même un rouquin (Turner), un Coréen (Ryu), un Nippon (Maeda) et notre bon vieux Russell. Que demander de plus?
Ils jouent bien, ils savent gagner en dernière manche, ils ont gagné leur place en playoff il y a presque trois semaines de cela et pourtant, ils vont choker.
Alors non ce n’est pas la défaite d’hier face aux Rays (8 à 7 en 11e manche) qui me pousse à écrire ces lignes. J’ai le feeling que ça va se passer ainsi. Du baseball, j’en mange depuis plus de 30 ans et je reste persuadé qu’il manque quelque chose à cette équipe pour aller au bout. Ce qui leur manque : une âme.
Sérénité quand tu nous lâches
Le baseball n’est pas une science exacte. Ça serait trop simple. Pourquoi l’équipe avec le meilleur record devrait absolument soulever le trophée en fin de saison? À la différence du soccer, du football ou d’autres sports, en séries le baseball peut voir une équipe plus « discrète » terminer sur la plus haute marche du podium.
Les Dodgers ont laissé échapper deux finales de suite (2017 et 2018). Quand vient le moment de hausser le niveau de jeu et de gagner ces jeux qui font toute la différence, ils n’ont pas réussi à le faire jusqu’ici.
Kenley Jansen s’est fait huer hier par son propre public. Le pompier de service des Dodgers a saboté son 8e sauvetage de la saison, un sommet en carrière. À l’aube des séries, ce n’est pas bon signe. Bellinger a beau avoir frappé son 45e circuit de la saison, cette équipe n’est pas sereine.
Kershaw en mode playoff a déjà montré toutes ses limites. Joe Kelly ne sera pas aussi héroïque que la saison dernière avec Boston. Il y a d’autres lacunes, vous les verrez bien en temps et lieu, croyez-moi.
Avec presque 100 victoires au compteur, l’équipe de Dave Roberts entame cette dernière ligne droite avec le souvenir douloureux de fins de saisons difficiles. Bellinger a déclaré hier « espérer ne pas recroiser cette équipe (les Rays) en série« . Lisez entre les lignes. Personne n’est pointé du doigt, mais le message est passé. Certains ont de gros doutes.
Il manque quelque chose à cette formation. Quelque chose que les Yankees ont, que les Astros et que les Braves et même les Rays ont, un formidable état d’âme qui permet de se surpasser, de jouer l’un pour l’autre et de croire en ses chances jusqu’au bout.
