Le but sur balles intentionnel. On en voit de temps en temps. Je ne suis le baseball que depuis quelques années, alors j’étais vraiment surpris de voir à quel point la pratique a été surexploitée durant une époque pas si lointaine, c’est-à-dire jusqu’en 2013 environ.
Barry Bonds et l’âge d’or des buts sur balles intentionnels
Avant 2017, le lanceur lançait quatre balles bien en dehors de la zone qui permettait au frappeur de gagner le premier but sans s’élancer. Une séquence mythique le montre bien, la fois où Barry Bonds s’est vu offrir le premier but alors que les buts étaient déjà pleins, donnant donc de fait un point à son équipe.
Qu’est-ce que c’était laid, ces lancers !
Bonds était tellement fort que le gérant des DBacks à l’époque, Buck Showalter, préférait donner un point plutôt que de le laisser s’élancer.
Ce n’est que l’un des 688 buts sur balles intentionnels qui ont été accordés à Bonds durant sa carrière. Un chiffre à peine croyable.
Les temps ont changé : le chiffre a été réduit de moitié
Déjà, depuis 2017, les lanceurs n’ont plus besoin de lancer, le gérant exprimant simplement à l’arbitre son souhait d’accorder un but sur balles.
Mais surtout, jusqu’à aujourd’hui, 717 buts sur balles ont été donnés intentionnellement en 2019 contre 1381 pour toute la saison 2004 par exemple, qui est un chiffre dans la moyenne de ce qui s’est toujours fait dans l’histoire des Majeures.
Le vrai changement, c’est depuis 2012 lorsqu’on est descendu proche des 1000, pour arriver en dessous de ce chiffre en 2014 (985 IBB), sans jamais remonter ensuite. On ne devrait probablement pas dépasser les 800 cette année, ce qui n’est jamais arrivé.
Bonds s’en est vu accorder à lui tout seul 68 en 2002, 61 en 2003 puis un record de 120 en 2004, mais le rythme a considérablement ralenti ces dernières années. Pour donner un exemple parlant, à eux trois, Mike Trout (14 IBB), Cody Bellinger (20 IBB) et Christian Yelich (16 IBB), n’ont eu que la moitié des walks intentionnels obtenus par Bonds en 2004.

Que se passe-t-il depuis 2013?
Dans le passé, les coups de circuit étaient moins fréquents et représentaient la force de quelques-uns. Tout le monde n’était pas un gros frappeur. Lorsqu’on en rencontrait un, on évitait de le faire frapper et on lançait quatre balles loin très loin de la zone de prises.
Mais aujourd’hui, le nombre de coups de circuit n’a jamais été aussi élevé et un paquet d’équipes ont déjà battu leurs records de franchise. Surtout, les gros frappeurs sont légion : on a jamais autant eux de joueurs avec plus de 30 circuits dans la saison et celle-ci n’est pas finie.
Alors, réfléchissons deux minutes. Si j’accorde un but sur balles et que le joueur adverse suivant frappe un circuit, je donne deux points. Si je le laisse frapper, au pire, je donne un seul point. Quand vous avez trois, quatre voire cinq joueurs dans l’équipe adverse capables de frapper un circuit, ce raisonnement prend tout son sens.
Si les gérants ne peuvent plus miser sur l’échec du frappeur suivant (il y a toujours plus de buts sur balles intentionnels dans la Nationale, car les lanceurs frappent et leur faiblesse dans ce domaine est prise en compte), il n’y a plus d’intérêt à utiliser cette pratique.
