Les lecteurs de Passion MLB sont des passionnés. Vous avez tous connu le baseball à des époques différentes et bien sûr, vous avez vu le sport évoluer. À 35 ans, j’ai parfois l’impression d’être vieux jeu ou de ressentir que la génération d’aujourd’hui essaie parfois de trop changer la game. J’aime l’évolution des années 2000, mais je m’ennuie des années 1990 pour certaines choses.
Les reprises vidéo sont aujourd’hui nécessaires, mais ne trouvez-vous pas ça plate qu’à chaque fois qu’il y a un jeu serré, le joueur lève le bras pour dire aux entraîneurs de revoir la reprise? Ne trouvez-vous pas ça plate d’entendre qu’il y a des discussions sur la possibilité de voir un ordinateur appeler les balles et les prises derrière le marbre?
Cependant, une chose me saute particulièrement aux yeux: la perception que la génération d’aujourd’hui a d’un excellent joueur de baseball. Nous sommes dans l’ère du spectaculaire pour plaire! Je dois avouer que je m’ennuie aussi de l’époque pas si lointaine où les joueurs complets étaient mis en valeur et pas seulement les joueurs qui avaient de la puissance.

Les années 1990-2000
Dans les années 90, Tony Gwynn était considéré comme l’un des meilleurs frappeurs. Il était parmi l’élite, car il était toujours sur les buts. Avec une moyenne de 209 coups sûrs par saison, il n’a pourtant jamais obtenu plus de 17 circuits et une seule fois, il a été en mesure de produire plus de 100 points. Vous pouvez ajouter à cela une moyenne de seulement 29 retraits sur élan par saison et une moyenne au bâton en carrière de .338. Gwynn était dans une ligue à part.
Malgré une approche complètement folle au bâton, Vladimir Guerrero a marqué une génération. Le grand numéro 27 frappait à peu près tout ce qui bougeait autour du marbre. Il a terminé sa carrière avec 449 longues balles et 1496 points produits. Avec toute cette production vient une moyenne au bâton de .318 ainsi qu’une moyenne de 74 retraits sur élan et de 195 coups sûrs par saison.
Voici deux preuves de joueurs complètement opposés dans leur mentalité au marbre, mais qui ont été en mesure de frapper pour la moyenne au bâton en plus de produire dans d’autres catégories.

La Triple Couronne
Aujourd’hui, on ne parle plus vraiment de la Triple Couronne. Pourtant il n’y a pas plus grand honneur individuel pour un frappeur. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec cette couronne, elle est remise au frappeur qui termine la saison régulière au sommet des circuits, des points produits et de la moyenne au bâton.
Miguel Cabrera est le dernier à avoir réussi l’exploit de la Triple Couronne, chose qui avait été faite pour la dernière fois en 1967 par Carl Yastrzemski des Red Sox. La vedette des Marlins et des Tigers a remporté le titre en 2012 avec .330 de moyenne au bâton ainsi que 44 circuits et 139 points produits.
Les vedettes d’aujourd’hui
En regardant les statistiques de cette année, il y a deux joueurs qui sortent du lot et qui pourraient penser remporter le titre de la Triple Couronne. Manny Machado avec .322 de moyenne, 50 points produits et 17 circuits ainsi que J.D. Martinez avec .314 de moyenne, 52 points produits et 20 circuits. Pour espérer gagner ce titre, les deux joueurs devront garder leur constance, mais aussi espérer que d’autres joueurs perdent de la vitesse, surtout au niveau de la moyenne au bâton.
Si Machado et Martinez sont parmi l’élite, il y a énormément d’excellents joueurs dans cette ligue. Avec les critères d’aujourd’hui, des joueurs comme Aaron Judge, Giancarlo Stanton et plus près de chez nous, Edwin Encarnacion et Jose Bautista, on fait ou font lever les foules avec leur puissance. Cependant, aucun d’entres eux ont une moyenne au bâton en carrière supérieure à .275.

La conclusion de tout cela
Étant donné que la Triple Couronne est le summum pour un frappeur, pourquoi ne pas mettre plus en valeur un de ses trois critères, la moyenne au bâton? Des joueurs comme Gary Sanchez sont vus comme étant des monstres offensivement et pourtant il a une moyenne qui frôle les .200. Un joueur comme Scooter Gennett, par exemple, est pratiquement méconnu et pourtant, il a frappé pour .295 avec 27 longues balles et 97 points produits. Cette année il se retrouve troisième derrière Matt Kemp et Mookie Betts, avec .344 de moyenne au bâton.
La génération d’aujourd’hui aime le spectacle des circuits à 450 pieds du marbre et avec raison. Cependant, frapper pour .300 dans une ligue qui compte des Kershaw, Verlander, Scherzer et Sale entre autre, c’est tout un exploit.
Statistiques intéressantes
Barry Bonds: 34% de ses coups sûrs sont des circuits.
Tony Gwynn: 0,04%
Mike Trout: 20%
Vladimir Guerrero: 17%
Jose Altuve: 6%
J.D. Martinez: 20%
Miguel Cabrera: 20%
Bryce Harper: 20%
Aaron Judge: 32%
Giancarlo Stanton: 27%
Barry Bonds: 16% de ses présences se terminent en coup de vent.
Tony Gwynn: 0,05%
Mike Trout: 20%
Vladimir Guerrero: 12%
Jose Altuve: 12%
J.D. Martinez: 28%
Miguel Cabrera: 20%
Bryce Harper: 23%
Aaron Judge: 38%
Giancarlo Stanton: 32%
Crédits: Baseball-référence.com ; The Score
