La minute technique : mystérieuse screwball

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Maxime Lauzier

Publié le 2 avril 2020 à 14h00

Et si on profitait de la trêve imposée pour parfaire ses techniques de lancers? Au menu du jour, la screwball.

Si les plus jeunes d’entre vous n’ont probablement jamais entendu parler de ce type de lancer, les plus anciens eux, savent de quoi je parle.

De Carl Hubbell à Fernando Valenzuela

Mais quel est donc ce lancer bien étrange? La screwball, ou balle tire-bouchon, est un type avancé de lancer à effet qui, si effectué correctement, peut s’avérer ultra dévastateur.

Si on remonte dans le temps, c’est Carl Hubbell (1928-1943), qui a été l’un des premiers à utiliser et à connaitre un franc succès grâce à ce lancer. Satchel Paige, Juan Marichal et Warren Spahn ont compté eux aussi ce pitch dans leur arsenal.

Plus récemment dans les années 80, c’est la sensation de Dodgers de Los Angeles Fernando Valenzuela qui avait fait de ce lancer sa spécialité.

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Fernando Valenzuela a lancé pour les Dodgers de 1980 à 1990. Photo : Getty Images

Grâce au grip, l’angle du bras du lanceur et la rotation de son poignet, la balle dévie dans la direction opposée de celle de la balle courbe ou de la slider.

Un grip de screwball en général, ça ressemble à ça.

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Et pour ce qui est de la trajectoire, en voici un aperçu.

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Vu d’un autre angle, ça donne à peu près ça.

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Comment ça se lance?

À bien y regarder, on pourrait y croire une prise de balle style circle change-up, mais avec les doigts placés ailleurs sur les coutures. La pression se fait surtout sur le majeur, placé vers l’intérieur de la balle, alors que les deux derniers doigts de la main (annulaire et auriculaire) n’exercent aucune pression.

Aussi, au moment de relâcher la balle, le lanceur droitier exécute un mouvement de pronation du poignet (vers l’intérieur, dans le sens anti-horaire), tandis que le gaucher exécutera le même mouvement, mais dans le sens des aiguilles d’une montre.

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En voie de disparition

Bien évidemment, ce type de lancer n’est pas la première chose qu’on apprend à un jeune qui veut s’essayer à une carrière de lanceur. Le mouvement du bras étant en quelque sorte « contre nature », il peut s’avérer ultra douloureux pour le coude d’un joueur et les cordages à l’intérieur de celui-ci.

Quand on voit les dégâts que peuvent faire les balles rapides juste en regardant la recrudescence du nombre de Tommy John, on imagine que la screwball n’est pas forcément la bienvenue dans le paysage.

Ils sont quelques uns encore à continuer d’essayer de faire vivre ce pitch assez mystérieux. Je pense surtout à Hector Santiago (New York Mets) ou encore l’espoir des Rays de Tampa Bay Brent Honeywell.

Tout comme la balle papillon (knuckeball), la forkball, la eephus ou encore la palmball, la screwball est amenée à disparaitre avec le temps.

https://youtu.be/-PWE9sLkSLY

Le baseball évolue, c’est ainsi, les vieux lancers qui font mal au coude n’ont plus leur place. Désormais, le baseball avance à grands coups de balles rapides, de balles courbes et de changements de vitesse.

C’est ainsi il faut l’accepter. Cependant, rien ne vous empêche de vous y mettre et de continuer à faire vivre un héritage vieux de plus de 100 ans, si votre coude vous le permet bien évidemment!

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