Les temps sont durs pour les fans des Pirates de Pittsburgh. Les fidèles partisans des «noirs et jaunes» ont vu partir en moins d’une semaine deux pièces maitresses du puzzle : Gerrit Cole et Andrew McCutchen, désormais respectivement à Houston et à San Francisco. Quelque chose me dit que ce n’est pas terminé.
D’autres joueurs ont déjà mentionné ne pas vouloir faire partie d’un quelconque projet de reconstruction. Josh Harrison a annoncé qu’il préférait être échangé plutôt que de vivre cela.

Des envies légitimes
On ne blâmera pas le joueur de champ intérieur des Pirates, car, au final, qu’y a-t-il de mal à vouloir jouer pour une équipe compétitive?
Harrison, très touché par les derniers évènements s’est expliqué à cœur ouvert.
Le baseball est un business et je comprends que les transactions font partie de ce business. J’ai beau aimer ce jeu, la réalité est que je viens de perdre mes deux meilleurs amis dans le jeu. Cole et Cutch n’étaient pas seulement des amis, ils étaient aussi le meilleur lanceur et meilleur joueur de champ dans l’équipe. Ma passion pour Pittsburgh et ce que cela signifie pour moi ne sera jamais remise en question. J’aime cette ville, j’aime les fans, j’aime mes coéquipiers. Je veux gagner, je veux me battre, je veux gagner des championnats en 2018, 2019 et au-delà. Si l’équipe n’a pas l’intention d’être compétitive cette année, il serait peut-être mieux pour tout le monde que je sois échangé.
Harrison dit vrai, chaque joueur ne désire qu’une chose, remporter des titres. Chaque joueur qui, au cours de son enfance, s’est imaginé être le héros du septième match de la Série mondiale en jouant au baseball dans son jardin, rêve d’être ce héros en vrai. Personne, même s’ils font le plus beau métier du monde, ne veut être là que pour boucher des trous.
La faute à la MLB plus qu’à celle des Pirates?
Il est difficile de penser que l’équipe de la ville d’acier soit déjà en reconstruction. Les Pirates ont, depuis quelques années, fait partie des prétendants au titre dans la division Centrale de la Nationale. Mis à part la saison passée et en 2016, la bande à Cutch s’était assuré une place en séries trois années consécutives (2013, 2014 et 2015).
Peut-on vraiment parler d’échec et d’une nécessité de reconstruire après avoir été si près des meilleurs moments du baseball automnal? Les Pirates étaient à l’aube de réussir quelque chose de bien. Ils avaient les effectifs et les partisans pour. Seulement, ils ont trébuché deux années de suite sur le match qu’il ne fallait pas rater : le match suicide.
Car oui, et je le maintiens, ce match suicide est d’une cruauté inutile et injuste. Réussir à se qualifier pour des séries après une saison de 162 matchs et jouer sa saison sur une seule rencontre n’a pas de sens. Même si ce match leur a souri en 2013 (victoire face aux Reds), les Pirates en ont vécu la terrible expérience en se faisant sortir deux fois de suite dans les dernières années. Une première fois en 2014 face aux Giants (défaite 8-0) et en 2015 face aux Cubs (défaite 4-0). Le résultat est terrible. Ces éliminations sont vécues comme des échecs et sont probablement dures à avaler pour des dirigeants impatients qui veulent des résultats.
Des résultats qui passent par du changement.
Que ce serait-il passé si les Pirates avaient gagné ces matchs? Je suis persuadé que l’avenir aurait été fort différent. Gerrit Cole et Andrew McCutchen ne seraient pas partis et probablement que d’autres grands noms se seraient joints à l’alignement des Bucs.
Que faut-il faire quand on perd ce match? Réessayer la saison suivante avec les mêmes ou tout reconstruire?
Indirectement, la MLB a sa part de responsabilités dans ce genre de revirement chez certains clubs. Elle devrait dès lors se pencher sur la question en repensant à une formule de playoffs beaucoup plus juste et bannir à vie ce stupide match suicide. Cette seule joute laisse bien plus de traces que le marathon de 162 matchs qui la précède, j’en suis certain.
Il va falloir que cela change.
