Comme un concours d'« ugly shirts »

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Maxime Lauzier

Publié le 17 octobre 2018 à 5h30

Vous me direz qu’à l’échelle des malheurs de l’humanité, c’est bien peu de choses, mais toujours est-il que je trouve ça difficile à voir match après match. Je parle ici des cotons ouatés avec capuchon propres à chacune des équipes en lice dans les présentes séries. Disons-le franchement, c’est affreux. Comme un concours d’ugly shirts. Peut-on préserver la dose rassurante de conservatisme qui a toujours caractérisé le baseball?

Trop c’est comme pas assez

Il y a d’abord les couleurs, le graphisme – absolument 2003 – et les ritournelles douteuses qui habillent chacun de ces vêtements qui me turlupinent. Des « statements » se voulant dynamiques qui dénaturent autant les logos, les couleurs traditionnelles et la classicisme des uniformes.

Prenons les équipes qui se battent pour le titre ultime cette année et leur slogan boboche sur leur hoodie :

Red Sox : Do Damage

Ça veut dire quoi « faire du dommage »? Briser le Monstre vert avec un tank? Ça ne fait pas sérieux pour une équipe dont le seul nom évoque la puissance, l’élégance et une histoire riche des étoiles qui l’ont fait briller au fil des ans.

Alex Cora tout sourire et prêt à faire du dommage avec ses Red Sox. Photo : Boston Globe

Astros : Never Settle

C’est jamais réglé avec les Astros? Vraiment? Si les Astros continuent à jouer avec conviction comme ils le font présentement, leur série contre Boston sera bientôt réglée justement. Exception faite du match de mardi soir.

Brewers : Our Crew, Our October

Notre effectif, notre mois d’octobre. Dans une époque de fake news comme la nôtre, il est bon de revenir aux faits. Les Brewers sont une équipe de balle et nous sommes au mois d’octobre.

Dodgers : Determined

Déterminés, les Dodgers? Personne n’en doute. La dernière fois que ce mot a été utilisé comme credo, c’était lors de la campagne électorale québécoise de 2014. Le parti l’ayant porté s’est littéralement effondré, comme ce sera le cas des Dodgers d’ici la fin de la semaine.

Le fonds d’écran d’un collègue au bureau et fan des Dodgers. Je l’ai bien averti de ne jamais porter un chandail des Dodgers « modifié » en ma présence.  Photo : MLB.com

Vous trouvez peut-être que j’exagère, que c’est un peu fort de café. Évidemment, j’ironise.

Toutefois, je sais que je ne suis pas le seul à vouloir brûler ces chandails un par un en dansant satisfait autour du feu, feu, joli feu. À vouloir trop en faire, à chercher à offrir une palette d’articles dérivés toujours plus vaste, les Majeures perdent ce qui fait le lustre du baseball. Ce qui fait – comme une couverture en polar par une froide soirée d’automne – que ce passe-temps est comme un grand bol de réconfort. Mettons donc fin à cette nouvelle tradition et revenons à l’essentiel. Embrassons les couleurs primaires de nos équipes favorites, celles qui nous font vibrer en cette période éliminatoire. Amen.

Source : Wall Street Journal

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