Assez parlé des agents libres de 2019, passons à 2020.
L’hiver prochain, nous entendrons beaucoup plus parler des Red Sox puisque leur lanceur numéro 1, Chris Sale, deviendra joueur autonome. À première vue, c’est un choix facile pour le directeur général Dave Dombrowski : il faut garder Sale. Cependant, la situation n’est pas aussi rose qu’elle en a l’air.
Le meilleur de l’histoire, ou presque
Nous n’avons pas besoin de chercher bien loin pour trouver des arguments favorables à Sale. Le géant gaucher compte déjà parmi les lanceurs les plus exceptionnels de l’histoire des Majeures. En carrière, sa moyenne de points mérités s’élève à un maigre 2.89, la deuxième meilleure de l’Américaine à l’air des frappeurs désignés. Sa moyenne de retraits sur des prises par neuf manches lancées (K/9) est la meilleure de tous les temps toutes ligues confondues à 10.9, tout comme son ratio de retraits sur des prises sur buts sur balles (K/BB) à 5.3. Ce sont des chiffres absolument extraordinaires qui justifient la bataille à mener pour garder l’artilleur à Boston.

Lancer dans la trentaine
Le 30 mars, Sale soufflera sur un gâteau de 30 bougies. À cet âge, la plupart des joueurs, surtout les lanceurs, s’exposent à davantage de blessures et vivent une baisse de rendement. Les statistiques avancées démontrent que la ERA+ des lanceurs élites, comme Roy Halladay, Pedro Martinez ou Justin Verlander, baisse de 11 % entre 30 et 35 ans par rapport à leur niveau avant la trentaine.

Chris Sale affiche présentement un ERA+ de 144. Dans l’éventualité où il perdrait aussi 11 % de rendement, il demeura parmi les lanceurs les plus performants du circuit Manfred, même au-delà de ses 35 ans.
Combien ça coûtera ?
Un lanceur qui te fait gagner la Série mondiale, ça se paie. La technique des comparables permet d’avoir une idée du contrat que peut espérer Chris Sale. Ses statistiques se comparent actuellement à celles de Clayton Kershaw (les statistiques seulement, pas le nombre de bagues de championnat). Ce dernier vient de s’entendre avec les Dodgers pour trois ans et 93 millions $. C’est un montant raisonnable pour un joueur comme Sale.
Cependant, il s’inscrit mal dans la structure salariale des Bostonnais. Le directeur général doit encore 127 millions $ à David Price pour les quatre prochaines saisons, et 68 millions $ à Nathan Eovaldi pour la même période. Ajoutons à cela le salaire de 20 millions $ de Mookie Betts qui augmentera certainement encore l’an prochain, et les quelque 76 millions $ de JD Martinez pour quatre ans également. On ne parle pas encore de Xander Bogaerts ou de Jackie Bradley Jr. Bref, les gros salaires commencent à s’accumuler pour les champions en titre de la Série mondiale.
Auront-ils les moyens de leurs ambitions dans les prochaines années? Se départiront-ils de plusieurs éléments pour s’offrir un joueur comme Chris Sale à long terme ? Une autre équipe sera-t-elle plus rapide à conclure une entente? L’hiver prochain sera tout aussi intéressant que celui-ci.
Source : Boston Globe
Le ERA+, c’est quoi ça?
Traduction : Moyenne de points mérités ajustée
La ERA+ sert à comparer la MPM d’un lanceur à celle de tous les lanceurs des Majeures. La MPM globale est égale à 100. Ce calcul implique aussi un ajustement en fonction des stades dans lesquels un lanceur évolue. Par exemple, la ERA+ de 144 de Chris Sale signifie que sa MPM est 44 % meilleure que celle de la ligue.
