Chris Davis est-il vraiment le plus mauvais d'entre tous?

Actualité

Maxime Lauzier

Publié le 11 juin 2018 à 11h30

Il n’est jamais drôle de parler de Chris Davis quand on est partisan des Orioles de Baltimore. Ce n’est donc pas de gaieté de cœur que j’écris cet article, mais c’est quand même un cri du cœur! Je ne supporte plus de le voir au bâton, vraiment. Je n’ai rien contre le garçon, qui persévère, enfin j’espère, et qui fait preuve d’une grande générosité. Mais j’en veux au joueur qui n’est plus que l’ombre de lui-même.

Si je le vois bien à chaque match faire le ventilateur et taper dans le vide si souvent, j’ai pris récemment conscience de la gravité de la situation.

Des statistiques accablantes au plus haut point

Connaissez-vous la statistique fWAR? (Wins above replacement – selon FanGraph) Elle quantifie la valeur ajoutée d’un joueur en nombre de victoires apportées à son équipe, en comparaison avec un joueur imaginaire moyen. Comparé à ce joueur de base au niveau tout à fait moyen, Chris Davis est à -1.8, ce qui signifie qu’on peut lui imputer la responsabilité pour 1.8 défaite de son équipe. Ce chiffre tend à augmenter au fil de la saison si le joueur ne se reprend pas. Ce qui est frappant, c’est que sur les 160 joueurs ayant participé à suffisamment de matchs pour être présents dans la liste cette saison, il est le dernier, et de loin. Malheureusement pour le Texan, ça ne s’arrête pas là :

https://twitter.com/DSzymborski/status/1004602430816911362

Sur les 81 892 saisons de l’ensemble des joueurs entrant dans cette statistique, la saison 2018 de Chris Davis est la pire: 81 892e sur 81 892! Il n’y a pas de mot.

Source : ESPN.com

Chris Davis, tout un mystère

Des joueurs médiocres, il y en a toujours eu et il y en aura encore. Alors pourquoi Chris Davis? Depuis 2012 et son arrivée dans le Maryland, Chris Davis a toujours été un excellent frappeur: un lanceur de missiles dans les gradins. Sa force n’a jamais été de taper des simples ou des doubles. Il est d’ailleurs plus souvent retiré, car sa prise de risque est très élevée, avec l’espoir de taper le plus de longues balles possible. Dans cet exercice, il a toujours excellé jusqu’à l’année dernière : 225 bombes de 2012 à 2017, un bon ratio, avec une excellente année 2013 et ses 53 longues balles.

Puis est arrivée la saison 2018. Après 56 matchs joués, Davis n’a fait que 10 fois le tour du terrain quand Machado et Mancini ont, par exemple, effectué 32 fois le tour. Quatre longues balles seulement après qu’un bon tiers de la saison soit passé… Comment peut-on régresser à ce point? Mystère.

Un sentiment d’impuissance et de colère à Baltimore

Si Chris Davis était un jeune débutant ou un joueur sans références particulières, on n’en parlerait même pas, mais une autre donnée donne un caractère encore plus étonnant à cette histoire. Davis gagne près de 22 millions de dollars américains chaque année. À ce rythme, il aura frappé 10 longues balles en fin de saison. Chaque longue balle aura donc coûté 2,2 millions de dollars à son équipe!

Évidemment, à Baltimore, on s’en arrache les cheveux. En plus de plomber son équipe sur le terrain, certains voient dans son salaire, qu’il a obtenu après ses magnifiques saisons passées, l’obstacle qui empêche de garder un joueur comme Machado. Les forums de fans des Orioles pullulent de complaintes le caractérisant de voleur, son contrat étant assimilé au casse du siècle car celui-ci se terminera en 2022, et d’ici là, Chris Davis aura accumulé plus de 160 millions de dollars.

Alors que faire? Espérer qu’il retrouve son swing et que ses balles finissent de nouveau en tribunes. Sinon, il existe une autre solution pour le faire sortir de la statistique nommée plus haut, afin qu’il ne soit pas dernier : arrêter de la faire jouer. Mathématiquement, il sortirait des radars mais c’est à croire que les dirigeants des Orioles veulent l’accabler, en continuant à le faire jouer chaque jour. À ce prix, doivent-ils se dire, il a intérêt à jouer. Le vent n’a pas fini de souffler à Baltimore…

Tags:

Articles similaires