Le trophée de la Ligue nationale sécurisé et le champagne sur la glace, la célébration était bien en branle à l’intérieur du Nationals Park mardi soir. Pendant ce temps, on pouvait observer un Anthony Rendon apprécier le moment d’une façon très sobre.
On the eternal chill of third baseman Anthony Rendon, the resting heart rate of the Nationals:
“He told me if we win the World Series, he’ll show excitement,” Adam Eaton said. “So I literally want to play just so I can see when he’s excited.” https://t.co/Xezdhqbnz3
— Rustin Dodd (@rustindodd) October 16, 2019
Il se tenait sur une parcelle de l’avant-champ, sa famille à quelques mètres de lui. Il est allé serrer son père dans ses bras puis il a pris la pose pour une photo. Il a souri.
À travers tout cela, Rendon semblait extrêmement calme, comme s’il n’avait pas seulement aidé son équipe à remporter la série de championnat de la Ligue nationale avec un balayage de quatre matchs sur les Cardinals de St. Louis, comme si la ville de Washington D.C. n’avait pas seulement atteint la Série Mondiale pour la première fois depuis 1933, comme si sa performance en octobre n’avait pas renforcé sa candidature pour un nouveau contrat faramineux cet hiver.
« Nous n’avons pas fini. Si nous remportons les grands honneurs, vous verrez une certaine émotion de ma part », a dit Rendon.
Au moment de prononcer ces mots, il quittait la célébration sur le terrain et se dirigeait vers la relative intimité du vestiaire, loin des partisans qui avaient scandé tout le match un « MVP » bien senti.
Le champagne coulait à flot. La musique reggaeton jouait à tue-tête. Stephen Strasburg dansait avec le voltigeur Gerardo Parra pendant que Max Scherzer y allait d’une petite gigue aux côtés d’Anibal Sanchez.
Mais Rendon restait de glace. « Nous savions où nous voulions aller », a-t-il ajouté en réfléchissant à la fiche de 19-31 des Nationals en début de saison. « La saison n’était pas terminée, et je l’ai dit à l’époque. Ce n’était que la première moitié de la saison. On ne gagne pas la division, ni la Série mondiale, dans la première moitié de la saison. »

Depuis 2014, seulement cinq joueurs de position ont accumulé de meilleures statistiques que le joueur de troisième but des Nationals. Ces cinq noms, Trout, Betts, Donaldson, Altuve et Yelich, sont synonymes de célébrité. Toutefois, Rendon n’a toujours pas la reconnaissance qu’il devrait recevoir, malgré les chiffres qu’il a mis au tableau. Mais cela pourrait être dû à sa personnalité. Il ne possède pas le magnétisme de Bryce Harper ou celui de Juan Soto. Max Scherzer vous dira qu’il n’a » aucune idée » si Rendon a déjà été excité. Son gérant, Dave Martinez, ajoute qu’il « semble qu’il n’a pas de pouls. »
« Il m’a dit que si nous gagnons la Série mondiale, il montrerait de l’excitation. J’ai donc envie de jouer juste pour que je puisse y assister », a renchéri le voltigeur Adam Eaton.
Puis quand tout était fini mardi soir, Rendon a retrouvé sa famille et leur a fait quelques câlins de plus. Il ne semblait pas plus excité qu’au début des célébrations. Les Nationals étaient les champions de la Ligue nationale, et cela signifiait simplement que son but ultime s’approchait quelque peu.
