À 7 ans, la vie de Dee Gordon a changé à jamais

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Maxime Lauzier

Publié le 24 février 2019 à 14h30

Sept ans, haut comme trois pommes et déjà Dee Gordon était confronté aux horreurs de la vie. À des cris, à des coups et à des menaces. Sa mère, DeVona Strange, était embourbée dans une relation toxique avec son petit ami où la violence domestique régnait.

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Photo : Dee Gordon

À sept ans, Dee Gordon a perdu sa mère aux mains d’un petit ami violent qui a ouvert le feu sur elle durant une énième dispute. Deux jours auparavant, ce petit ami en question saignait dans la cuisine après que Dee Gordon l’ait « agressé » afin qu’il laisse sa mère tranquille. Geste qui lui a fait faire un vol plané sous les cris de sa mère. Celle-ci a demandé à son partenaire de quitter la maison, mais ce dernier a demandé à Gordon s’il voulait lui aussi qu’il quitte. Question à laquelle l’enfant a répondu : « non, ne part pas. » Un schème largement utilisé au niveau émotionnel dans ce genre de situation.

Cette réponse hantera le joueur de baseball pendant plusieurs années. Il a cru longtemps que c’était de sa faute, mais le geste posé par le conjoint de sa mère n’appartient qu’à une seule personne… soit par ce dernier. Depuis, Dee Gordon s’est pardonné, sachant qu’il n’était pas en faute. Après la mort de sa mère, Gordon a été élevé par sa grand-mère. Son père, Tom Gordon – joueur de la MLB – hors du portrait depuis fort longtemps poursuivait sa carrière.

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Photo : Getty Images

Aujourd’hui, même si toutes les histoires de violence conjugale le rendent malade, il refuse de parler à ce propos publiquement.

Cela ne ferait qu’ouvrir les vannes… Personne n’est parfait et si je parle des problèmes de quelqu’un d’autre, je ne vaux pas mieux que lui. Je sais que j’ai le droit d’en parler de par mon histoire, mais ce n’est pas ma place ni ma voie. Par contre, chaque fois que c’est arrivé, j’aurais aimé pouvoir peser sur un bouton et sauver la femme concernée – Dee Gordon

Et sur le terrain?

Deux histoires de ce genre ont éclaboussé la MLB dernièrement : celle de Roberto Osuna ainsi que celle d’Addison Russell. Est-ce que Gordon y pense lorsqu’il affronte ses joueurs? Jamais. Il joue au baseball, point. Ce qu’ils ont pu faire ne lui vient pas à l’esprit une seule fois. Toutefois, lorsque questionné sur le sujet, il marque une pause avant d’y aller d’une déclaration qui peut sembler «contradictoire» pour certains selon lui.

Je vais dire quelque chose de vraiment bizarre… Le monde est tellement brisé que le gars sera dans le trouble quelques jours et les gens oublieront pour ensuite l’acclamer de nouveau. Je sais déjà ce qui va arriver et soyons honnête, le gars le refera probablement. Une fois que tu l’as fait, c’est ce que tu es… Mais les gens continueront d’acheter son jersey et de l’excuser.

Ne pas être une statistique

Depuis quelques années, le joueur des Mariners discute avec des enfants qui ont été victimes ou ont perdu un parent à la suite de violence domestique via son programme Flash of hope. Loin des projecteurs, il amène plusieurs enfants à des matchs qu’il rencontre par la suite.

Je dis à ces enfants ceci : ce n’est pas parce que tu es une statistique que tu dois n’être que ça.

Rien ne menait Dee Gordon à la MLB, mais il a toutefois été repêché par les Dodgers en 2008. La première chose qu’il a acheté avec sa prime de signature? Une pierre tombale à sa mère.

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Photo : Gwendolyne Caitt

Directement ou indirectement, la violence domestique nous affecte. Selon l’étude CDC’s national intimate partner and sexual violence, une femme sur quatre et un homme sur sept expérimente une forme de violence domestique sévère. Plusieurs se posent la question, pourquoi les victimes ne quittent-elles pas leur agresseur? Si seulement c’était aussi simple.

Ce qui est discuté publiquement lorsque de telles histoires sortent, c’est l’abus physique, mais on oublie souvent que les aspects financiers et émotionnels de ce type de relation rendent difficiles pour la victime de quitter le partenaire abusif, surtout lorsque des enfants sont impliqués. – Katie Ray-Jones, CEO du National Dometsic Violence Hotline.

La violence domestique a un nom. Celui de toutes les victimes de cet affreux fléau. Celle-ci a enlevé la vie à des hommes, des femmes, des mères, des soeurs, des frères, des pères, des ami(e)s, des enfants. Trop de vies.

La violence domestique a enlevé la vie à la mère de Dee Gordon et changé sa vie à jamais.

Source : Bleacher Report


Si vous êtes victime de violence conjugale, n’hésitez pas une seule seconde à contacter SOS Violence conjugale pour obtenir de l’aide. Vous n’êtes pas seul(e)s.

1 800 363-9010 ou [email protected]

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