Les Braves (et moi-même) tout proches du Nirvana

Dans une série au meilleur des sept matchs, les Braves en ont déjà trois en poche et ne sont plus qu’à une victoire de soulever le trophée aux 30 drapeaux. Jamais de la vie j’aurais pensé pouvoir vous dire (écrire) cela en début de saison, ni même à la moitié de la saison. En fait, j’aurais peut-être pu vous le dire en début de saison, avant toutes les blessures et les… suspensions. Après, nettement moins.

Au jour d’aujourd’hui… on y est presque. Le partisan des Braves que je suis va peut-être y regoûter.

Publicité

L’année 1995 (la dernière année où les Braves ont mis la main sur le trophée) semble loin, mais proche à la fois. Ce soir l’est et en cas de victoire, les Braves auront l’occasion de célébrer devant leurs fans, à la maison, au Truist Park et dans tout l’état de Géorgie, un titre qui leur échappe depuis plus de deux décennies. Pour cela, il faudra compléter 27 retraits et scorer un point de plus que les Astros.

À 27 retraits du bonheur

Cette Série mondiale n’en est qu’à son quatrième match, mais elle nous a déjà livré son lot de surprises : une jambe cassée de Charlie Morton, un shift raté, un presque no-hitter et un retour de l’arrière dont on ne s’attendait pas. Le cœur du partisan des Braves que je suis est presque à bout de souffle, il faut définitivement que ça se termine ce soir.

La stressante fin de rencontre d’hier a fait passer du silence au vacarme un Truist Park qui fait véritablement office de forteresse imprenable depuis le début des séries (7-0). J’ai regardé la moitié de la rencontre debout dans mon salon, faisant les 100 pas, une balle de baseball à la main. J’ai ragé contre Ozzie Albies, qui a chaque élan visait la clôture, j’ai essayé de ne pas me fâcher contre Travis d’Arnaud, qui ne voyait clairement pas la balle quand il s’élançait, j’ai pesté contre Jose Altuve sur son circuit, je me suis arraché les cheveux à chaque double retraits des Astros, redoutables adversaires, il faut l’avouer.

Et puis j’ai repris espoir en sixième quand Eddie Rosario est venu réduire la marque à 2-1 sur la frappe de Austin Riley. Et en septième, je vous laisse imaginer.

Voici d’ailleurs la séquence au complet.

À peine le temps de savourer, d’envoyer 50 messages à ses amis et de se remettre du circuit de Swanson que Soler doublait déjà la mise. Yordan Alvarez était lui bien proche de réaliser un catch qui aurait pu redonner le momentum aux Astros.

Publicité

Luke Jackson en huitième Will Smith en neuvième m’ont fait moins flipper que d’habitude. Les releveurs des Braves font du bon boulot, on s’attendait à des bras fatigués et à un match avec beaucoup de points, mais ce sont finalement les bâtons qui semblent plus lourds qu’à leur habitude pour les frappeurs des deux équipes.

Quelques similitudes avec 1995

Cette série me fait un peu penser à la Série mondiale de 1995, remportée 4 à 2 par les Braves contre les Indians de Cleveland. À cette époque, Chipper Jones en était à sa première vraie année dans les Majeures. Au bâton et en défense, Jones a fait son boulot comme un vétéran et a été une pièce maîtresse du succès des siens.

Le joueur de troisième but actuel des Braves Austin Riley me fait fortement penser à ce Chipper Jones là. Riley a gagné en maturité et me prend ses responsabilités quand l’occasion se présente : on l’a vu hier, et avant-hier aussi, chaque fois trouvant la faille.

L’attaque n’est pas ultra prolifique, comme en 1995, mais elle est clutch et frappe quand ça fait mal.

Les lanceurs des Braves sont assez efficaces pour préserver des avances minimes. Pourtant, en face, il y a du solide. En 2021, personne n’a rentré autant de points (863) et frappé autant de coups sûrs (1496) que les Astros. Pourtant en finale, ça ne veut pas rentrer. Les Astros me font penser aux Indians de 1995, équipe ultra offensive qui était constituée des meilleurs frappeurs et des meilleurs joueurs de l’époque : Kenny Lofton, Carlos Baerga, Albert Belle, Jim Thome, Eddie Murray, Manny Ramirez et Sandy Alomar Jr. entre autre (huit frappeurs sur neuf de l’alignement frappaient pour .300). Les Indians n’y arrivaient pas non plus et avaient capitulé au sixième match face à un Tom Glavine magistral (un seul coup sûr accordé en huit manches de travail).

passionmlb.com-2021-10-31_17-10-57_810916
Résultats et scores des matchs de la Série mondiale de 1995. Baseball-Reference

L’état d’esprit des Braves version 2021 est semblable à celui de 1995. Les joueurs s’aiment et savent qu’ils ne sont pas là par hasard. Le projet « Brave » mis en marche depuis six années a franchi avec succès chacune des étapes logiques du développement. Il reste un dernier effort à fournir, ça se joue ce soir, l’objectif est double : éviter d’aller à Houston et offrir à toute une nation un titre qui serait amplement mérité.

C’est ce soir que ça se passe.

Image par défaut
Sébastien Tabary
Publications: 525