Les Rays ont vraiment tout d’un champion

Hier soir, j’ai fait quelque chose que je n’avais pas fait depuis longtemps : je me suis posé dans mon sofa pour écouter une game de baseball. Ça faisait un méchant bout que je ne m’étais pas fait plaisir avec mon sport préféré (travail oblige, un infirmier ne doit jamais avoir de repos vous le savez bien!) et il faut croire que j’ai bien choisi ma soirée. Pour ce classique ESPN Sunday Night Baseball, la chaine avait choisi de diffuser la rencontre entre les Rays de Tampa Bay et les Red Sox de Boston.

Une décennie est passée depuis le dernier Sunday Night Baseball au Tropicana Field, mais pourtant, croyez-moi, le spectacle fut de toute beauté et on a probablement assisté au meilleur match du dimanche soir de l’année.

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ESPN ne devrait pas attendre dix ans encore avant de revenir à Tampa un dimanche soir.

À Tampa, personne n’est indispensable, mais tout le monde est important

Red Sox contre Rays : l’affiche était belle. Depuis le début de saison, ces deux équipes font le chassé-croisé en tête de la division Est dans l’Américaine. Les Red Sox ont été menaçants toute la rencontre et ont joué du solide baseball (cette équipe n’est pas là par hasard et le retour de Chris Sale leur fera le plus grand bien). Mais au final, les Rays l’ont emporté 3-2 et en ont profité pour balayer des Red Sox, qui se retrouvent pour la première fois de la saison avec une série de quatre défaites en ligne aux basques. Les Rays, eux, sans prendre le large, consolident leur première place réacquise tout récemment, et ce n’est pas volé.

Hier, j’ai vu du beau baseball. Celui qui se joue à neuf et qui n’est pas « star-dépendant ».

Car cette équipe sait jouer. Cette équipe est complète, ces gars savent se tirer de presque toutes les situations et face à un redoutable adversaire comme les Red Sox, ils n’ont pas tremblé.

Imaginez, l’infirmerie des Rays regorge actuellement de blessés et non des moindres : Tyler Glasnow, Nick Anderson, Chris Archer, Yonny Chirinos, Pete Fairbanks et Colin McHugh. Pourtant, quand Kevin Cash confie la balle à un artilleur sorti de nulle part, ça fonctionne presque à chaque fois.

Shane McClanahan n’en était pas à son premier match en carrière, mais hier face aux Red Sox, il a lancé comme un vétéran. Voyez sa fiche ci-dessous. La gaucher a été SO-LI-DE!

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Le club le plus « cérébré » dans la MLB

En attaque, tout semble bien ajusté. Pourtant quand on regarde l’alignement des Rays, on voit pas moins de huit frappeurs sous les .260 de moyenne au bâton (Nelson Cruz fait exception avec ses .282 de MAB). Leur succès est basé sur un collectif bien huilé, beaucoup d’opportunisme, un esprit d’équipe hors pair et une mentalité à toute épreuve.

Hier, c’est Brandon Lowe qui a ouvert les hostilités avec un circuit bon pour deux points dans la troisième manche.

23 longues balles pour Lowe cette saison, moi-même je l’ignorais!

À Tampa, personne n’est indispensable, mais tout le monde est important. Chaque joueur dont la direction se sépare quitte pour les bonnes raisons, tout est réfléchi. Chaque downgrade devient avec le temps un upgrade, chaque ajout va servir un moment ou l’autre dans la saison. Chaque joueur est là avec un but bien précis. Alors que d’autres équipes se bâtissent à grands coups de millions de dollars, les Rays, eux, se construisent à base de matière grise.

Beau, bon, pas cher!

« Mont-Ray-Al »

Avec l’un des budgets les plus faibles dans toute la MLB, les Rays sont année après année toujours aussi redoutables. On a beau croire qu’à chaque année ils se planteront, mais chaque saison, ils nous surprennent. La machine est bien rodée, et ça n’est pas prêt de s’arrêter. On la retrouvera selon moi dans le carré final lors des séries éliminatoires. Forts de leur expérience passée, ils ne pourront être que meilleurs.

Vous connaissez comme moi le projet de garde partagée entre Tampa et « Mon-Ray-al ». Ça serait cool de voir cette belle équipe venir passer l’été chez nous d’ici quelques années, non? Il y aura toujours des haters, mais pour les autres, il serait peut-être temps de commencer à s’attacher à cette équipe.

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Sébastien Tabary
Publications: 522