Wander Franco sans complexe pour son premier match

On le disait prêt pour la grande ligue, on le disait mature pour le Big Show, Wander Franco n’avait plus qu’à montrer ce dont il était capable aux yeux de tous et sous la pression. Je dis bien sous la pression, car un premier match en carrière dans la MLB, ça doit faire cogiter la`-haut. En tout cas mardi soir pour sa première, le jeune talent des Rays de Tampa Bay n’a pas tremblé.

Sans trembler

On oubliera que les Rays se sont inclinés en 10e manche 9 à 5 face aux Red Sox de Boston, car oui aussi, pour une première, il s’agissait tout de même d’un duel entre les deux meilleures équipes de l’Est dans l’Américaine. Un facteur à ne pas négliger non plus quand on fait ses débuts au nirvana du baseball.

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Wander Franco n’a pas raté ses débuts. Aligné au troisième but et à la deuxième place de l’alignement offensif des Rays, Franco a rendu une belle copie de deux coups sûrs en quatre passages au bâton avec notamment, et vous l’avez toutes et tous probablement déjà vu, un coup de circuit bon pour trois points à son troisième passage. Pas pire pour un gars qui est né 32 jours avant le premier match en carrière d’Albert Pujols dans la MLB.

Le joueur sorti de l’œuf en 2001 a soutiré un bon but sur balles à son premier passage après avoir pourtant été en retard dans le compte 0-2. Dans la troisième il s’est fait retiré au champ centre, en septième il a obtenu un double et enfin en neuvième, il se fera retirer au premier but sur un roulant.

Vraiment une soirée qu’il ne devrait pas oublier.

Gardons les pieds sur terre, SVP

Frapper un circuit à son premier match c’est fort, surtout quand on s’appelle Wander Franco. Mais frapper un circuit dans un premier match, ce n’est pas si rare que ça, d’autres l’ont fait, des connus, des moins connus. Certains ont fait mieux et ont sorti la balle à leur premier passage (Aaron Judge, Willson Contreras, Eddie Rosario, Jorge Soler, Jason Heyward pour les « récents »… même J.P. Arencibia l’a fait). Il y en a même un qui l’a fait sur le premier lancer qu’il a vu dans sa carrière (Walter Mueller, Pirates, le 7 mai 1922). Ce n’est pas non plus parce qu’on ne frappe pas une longue balle à son premier match qu’on l’a forcément raté : un 4-en-4 est une belle réussite en soi aussi.

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Donc, ce coup de circuit va faire les gros titres, d’ailleurs il le fait déjà, car oui :

  • Il est le plus jeune joueur (20 ans, 113 jours) à frapper un circuit pour son premier match depuis Jurickson Profar (19 ans, 195 jours) en 2012.
  • Oui, il est le premier joueur né au 21e siècle à faire ses grands débuts dans la MLB.
  • Et oui, il est le plus jeune à claquer la balle entre les deux poteaux jaunes pour les Rays depuis B.J. Upton en 2004.

Des stats en tout genre, vous allez en trouver. Tout ce qu’il faut pour bien se monter la tête et faire de lui une légende avant l’heure, vous pourrez le trouver en quelques clics. Cependant, n’est-il pas mieux de laisser faire les choses, de laisser passer quelques jours, quelques semaines, quelques mois voire quelques années avant de faire de lui le prochain contrat à 300 millions de dollars et un futur membre du Temple de la renommée?

Si le kid a du talent et s’il est capable de l’étaler sur au moins 15 bonnes saisons, alors oui on pourra se lâcher, mais en attendant, je rêverais qu’on le laisse tranquille. Ça serait bon qu’après dix passages sans coups sûrs on ne parle pas de slump et qu’après deux-trois bons matchs on ne fasse pas de lui comme d’une recrue de l’année ou d’un MVP. Pensez-vous que c’est possible?

Alors qu’avant on faisait de vous une superstar après que vous ayez empilé quelques années et quelques « records », la génération actuelle vous met au plus haut avant même que vous ayez terminé votre puberté. Alors qu’avant on vous payait « parce que », désormais on vous paye « pour que ».

Laissons Wander murir. Laissons-le grandir, laissons-le joueur, laissons-le tomber et le voir se relever. Il est talentueux, il est armé pour la MLB, je n’en ai aucun doute. Les Rays ont de l’or en barre entre les doigts.

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Sébastien Tabary
Publications: 522