Chips! Peanuts! Cracker Jack! : une lecture forte en émotions du début à la fin

J’ai littéralement dévoré Chips! Peanuts! Cracker Jack! du journaliste Frédéric Daigle, bouquin qui relate 24 histoires savoureuses sur la riche histoire des Expos (1969-2004). Dès les premières lignes, on le sent, c’est plus que tangible : l’auteur a été rigoureux dans son travail et a eu un plaisir fou à créer l’œuvre, car cette dernière est d’une qualité exceptionnelle. Monsieur Daigle réussit aisément et allégrement sa mission de nous transporter dans les plus beaux moments de l’histoire de ce club qui nous a tant fait vivre d’émotions.

Justement, le premier mot qui me vient en tête lorsque je pense au livre publié sous la gouverne des Éditions de l’homme est : émotion! Pour ce faire, j’y suis passé par toute la gamme, que ce soit la joie, la nostalgie, la fierté, mais aussi, d’un côté plus sombre, l’amertume, la tristesse et même la colère. Oui, nous retrouvons tout cela lorsque nous lisons les 270 pages du livre.

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On se dit même que les Expos de Montréal, et surtout les partisans, auraient dû mériter un meilleur sort. Tellement, que parfois ça fait mal à lire. On n’en sort pas indifférent, loin de là. Je m’explique toujours mal pourquoi les Expos ne donnaient pas de chances aux Québécois, de manière générale, et cela soulève mon ire juste à l’écrire, c’est pour dire!

L’importance des Expos s’y sent énormément

En consommant les uns après les autres chacun des chapitres, on réalise vraiment à quel point les Expos ont été une organisation prestigieuse et à quel point, aussi, ils ont eu une place plus qu’importante dans le cœur des partisans tout au long de chacune des histoires et témoignages des 24 différents protagonistes. Les récits, écrits au je, nous connectent ainsi directement à la personne qui nous la raconte ; il n’y a pas de barrière, on la sent, on la vie, même! 

En contrepartie, on ressent que l’organisation des Expos en a déçu plus d’un, d’où probablement mon sentiment de colère. Le premier exemple qui me vient en tête est le sort qu’a réservé Bill Stoneman, ancien VP du club à Claude Lavoie et ses appels interurbains. C’est dégueulasse, vous verrez. En ce sens, j’ai l’humilité de penser que ces entrevues ont été pour certains une occasion de se vider le cœur à l’endroit du club qu’ils ont jadis tant aimé. Je le dis toujours, c’est lorsque l’on aime le plus que l’on est le plus blessé et bon sens que ce livre nous fait réaliser comment les Expos ont été aimés et l’ampleur que le phénomène avait. À titre d’exemple, pour citer un passage de Denis Coderre, « Tout cela faisait en sorte qu’on se sentait partie prenante de l’équipe, qu’on se sentait important en tant que partisan ». P.42.

Je retiens deux choses importantes de ce livre. En premier, comment ça a été un coup de foudre entre les partisans et l’équipe dès les débuts au Parc Jarry. Les bons souvenirs y sont nombreux. Puis, j’ai compris assez vite que la fin des années 1970 et le début des années 1980 ont été des années fastes pour Nos Z’amours et comment c’était gros, le baseball à Montréal. Comme j’ai pu l’assimiler, il s’agit fort probablement des plus belles années de la formation montréalaise, notamment avec la participation aux éliminatoires de 1981, de la présentation du Match des étoiles de 1982 à Montréal et des prouesses de l’idole d’un peuple, Gary Carter (son nom est omniprésent, vous le constaterez, vous aussi, à quel point il était aimé). Par la force des choses, le roman possède donc les défauts de ses qualités, car cette période revient souvent, en anecdotes et histoires différentes qui sont malgré tout toujours intéressantes et pertinentes.

En lien avec le paragraphe précédent, par contre, pour moi le partisan de l’équipe qui est âgé de 32 ans, les Expos de Montréal ce sont ceux des années 1996 à 2004. Dans la publication, on en parle, oui certes, mais peu en comparaison au reste et, le cas échéant, on en parle plus souvent qu’autrement en mal en lien avec Jeffrey Loria, la vente de l’équipe et tout le reste. Mais pour moi, l’enfant de 8 ans qui est tombé en amour avec le sport et avec cette équipe qui me manque tant, ce sont mes belles années à moi avec mes idoles de jeunesse. Vlad, Vidro, Cabrera, vous comprenez? On ne parle pratiquement pas de Vladimir Guerrero dans ce livre à mon plus grand désarroi. Parfois, le roman est peut-être trop niche, voilà, c’est dit. 

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Comme je le dis d’entrée de jeu, ne vous trompez pas, j’ai adoré le livre. Les chapitres sur les Bronfman sont délicieux, tout simplement. J’ai eu un coup de cœur sur Stephen, il m’a donné confiance en son projet de retour des Expos! Mon chapitre favori demeure celui de Christian Tétreault, touchant pas à peu près. J’ai appris à connaître les Mitch Melnick et Dave Van Horne. Tsé, quand on vous parle des deux grandes solitudes entre les anglos et les francos?

En somme, merci à l’auteur d’avoir su si bien démocratiser, pour la gouverne de tous, le phénomène des Expos de Montréal. Les paroles s’envolent, mais les écrits restent, donc ce type de livre est, à mon sens, primordial.

Une société qui évolue pour le mieux

Vous serez à même de le constater, des 24 histoires savoureuses des Expos, il n’y en a qu’une seule qui vient d’une femme, et il s’agit de la veuve Gary Carter. Avant de continuer, je tiens à le dire, ce n’est aucunement un reproche envers l’auteur. Dans une époque pas si lointaine, la couverture médiatique sportive était une affaire d’homme, un boys club. Les choses commencent à changer et plus de femmes font leurs apparitions dans le giron, ce qui est une excellente nouvelle. Il me comble de bonheur de savoir que d’ici quelques années, dans ce genre de livre, on y trouvera les histoires des Frédérique Guay, Andrée-Anne Barbeau, Evelyne Audet. Mesdames, ils me tardent de vous lire!

Ce livre me fait réaliser à quel point ça me manque les Expos et comment j’ai hâte de retourner voir du baseball. Qui sait si dans un prochain article, je n’écrirai pas mon histoire savoureuse des Expos, la 25e non-officielle du livre. Ce serait sûrement un amalgame entre deux de mes précédents billets ici et ici, si vous êtes curieux.

Enfin, si ce genre de livre vous intéresse, voici les liens vers mes textes sur l’autobiographie Griffin 26 de Marc Griffin et Derek Aucoin La tête haute de Benoît Rioux. 

Sur ce, bonne lecture. 

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Maxime Trudeau
Partisan #1 des Royals de Kansas City. Joueurs favoris: Whit Merrifield, Christian Yelich. Passion pour tout ce qui touche le monde du sport et le milieu agricole. Le Plateau Mont-Royal, Montréal. Bachelier Université du Québec à Rimouski, Communication Relations humaines.
Publications: 203