Portrait 2021 : Indians de Cleveland

Le 1er avril prochain, la MLB lancera les activités de sa saison 2021. Rob Manfred a pris le pari de voir ses équipes disputer 162 matchs en temps de pandémie.

Voici donc à quoi s’attendre de la part des différentes équipes du baseball majeur.

Au menu aujourd’hui : les Indians de Cleveland.

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2020 n’a pas été une si mauvaise année que cela pour le baseball à Cleveland. Les hommes de Terry Francona ont, dans l’anonymat le plus complet, remporté pas moins de 35 matchs et se sont qualifiés pour les séries éliminatoires avant de logiquement tomber face à plus forts qu’eux (défaite de 2-0 contre les Yankees). Côté joueur, Shane Bieber a remporté haut la main un trophée Cy Young qui ne pouvait lui échapper, Jose Ramirez s’est affirmé comme le joueur à tout faire de cette franchise et d’autres ont été attrayants à suivre ; nous y reviendrons plus tard.

La saison 2021 pointe le bout de son nez et celle-ci sera particulière pour les Indians puisqu’il s’agira de la dernière où l’équipe portera le nom qu’elle porte depuis 1915. C’est étrange à dire et à se l’imaginer, mais c’est ainsi. Les Indians sauront-ils faire honneur une dernière fois à ce nom devenu trop controversé en l’amenant jusqu’aux joutes automnales?

Ajouts et départs

La pandémie a durement frappé les Indians, comme la plupart des clubs, mais les Indians ont embarqué dans le canot de sauvetage plus rapidement que d’autres, résultant la perte de pièces angulaires du club. Exit les Carlos Santana (Royals), Brad Hand (Nats), Adam Cimber (Giants), Carlos Carrasco et le joueur aimé de tous, Francisco Lindor. Vous le savez, les deux sont partis dans le Queens.

L’équipe a d’un revers de la main perdu trois joueurs emblématiques auprès des fans et un releveur cinq étoiles, mais qui dit départs dit arrivées. Même si les nouveaux noms ne font pas écarquiller les yeux, ils pourraient se fondre à merveille dans ce jeune groupe et rendre de bons services à leur gérant.

Dans le but d’essayer de rester compétitifs, les Indians ont vu débarquer dans leur effectif Andres Gimenez et Amed Rosario pour solidifier l’avant-champ et ont misé sur Eddie Rosario (ex-Twins) pour compléter un champ extérieur qui pourrait avoir belle allure avec le jeune Oscar Mercado.

L’arrivée d’Eddie Rosario permettra à Terry Francona d’alterner entre Josh Naylor et Jake Bauers au premier but, poste vacant depuis le départ de Carlos Santana.

Sur la butte, rien de neuf, les départs ne datant pas d’hier. J’en profite pour vous rappeler qu’il n’y a pas si longtemps de cela, les Indians disposaient de Corey Kluber, Mike Clevinger, Trevor Bauer, Carlos Carrasco et Dany Salazar. Les temps changent!

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Forces et faiblesses

Si l’on se penche sur la division centrale dans l’Américaine, il est clair qu’on pourrait d’ores et déjà donner la première place aux White Sox de Chicago ou aux plus expérimentés Twins du Minnesota. Mais le baseball n’est pas si simple que cela et ce serait une erreur d’oublier les Indians de Cleveland.

Car cette équipe au budget dérisoire (à peine 50 millions de $) dispose néanmoins de forces intéressantes, et notamment sur la butte. Avec Shane Bieber (8-1, 1.63 MPM et 122 K la saison passée), Zach Plesac, Aaron Civale, le jeune et très prometteur Triston McKenzie et probablement Logan Allen sur la butte, les Indians ont de quoi donner des cheveux gris aux frappeurs adverses.

Car oui, si ça se passe bien sur la butte, ça peut passer pour les Indians. Seul problème : il va falloir mettre des points, ne serait-ce qu’un, et c’est là que ça risque de poser problème.

L’an passé, l’attaque a eu toutes les peines du monde à produire et à donner des points d’avance à ses lanceurs. Jose Ramirez (17 HR, 46 RBI) ne pourra pas tout faire tout seul. Franmil Reyes devra s’y mettre et si Eddie Rosario reste en santé, on aurait deux joueurs de plus dans l’alignement capable de passer la barre des 30 circuits sur une saison.

Certains jeunes pourraient eux aussi faire leur apparition en cours de saison et contribuer à la bonne marche de l’équipe et on sait qu’à Cleveland, le vivier de jeunes joueurs prometteurs est infini. Alors peut-être que Yu Chang et Tyler Freeman gagneront du temps de jeu cette saison.

À quoi s’attendre en 2021?

Il serait dangereux de sous-estimer les Indians de Cleveland. Sans pour autant les mettre sur la plus haute marche, l’équipe a les moyens de se frayer un chemin en séries éliminatoires. Pour ça, elle ne devra pas rater ses matchs face aux plus faibles de leur division (Tigers et Royals) et devra s’imposer quand Twins et White Sox croiseront le fer. Pour ça, elle devra aussi être capable de gagner des matchs même par le plus petit des scores.

Tout le focus sera sur les White Sox et les Twins. Les Indians, eux, aiment travailler dans l’ombre, loin de projecteurs. Selon FanGraphs, l’équipe a 17,8 % de chances d’accéder aux playoffs. C’est peu, certes, mais c’est mieux que 0 % (désolé, partisans des Orioles de Baltimore).

Le combo profondeur d’effectif et division faible pourrait jouer en leur faveur, mais le manque de joueur de puissance pourrait les desservir.

Je place les Indians sur la deuxième marche dans cette division avec 88 victoires. Un dernier baroud d’honneur avant de devenir les Snow Belters, Generals, Swarm, Express, Flash, Sluggers, Sliders, Explorers, Engines, Blue Sox, Lakers, Americans, Beebs (pour Shane Bieber), Rocks, Drummers, Chrome, Emeralds, Spiders, Bulldogs, Coasters, Coyotes, River Hawks, Aviators, Pack ou bien les Clouds. Je vous laisse choisir!

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Sébastien Tabary
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