Trevor Bauer : le contrat parfait

Étais-je vraiment le seul à avoir flairé le coup? Étais-je vraiment le seul à avoir su lire entre les lignes? Étais-je le seul à avoir compris que Trevor Bauer n’aurait jamais été lancer pour les Mets de New York? Nouveau membre des Dodgers de Los Angeles depuis hier, Trevor Bauer n’a fait que confirmer ce que je pensais de lui : il joue pour gagner.

Grâce à un contrat très réfléchi et taillé sur mesure, Bauer s’assure à court terme des très belles économies, il reste maître de son destin et s’offre surtout d’énormes chances d’obtenir ce qu’il veut le plus au monde : un trophée de la Série mondiale.

« Smart move » commun

Si je ne connais pas personnellement Trevor Bauer, je dois avouer que je cerne plutôt bien le personnage. Du Bauer, j’en bouffe depuis 2012. Des choses sur lui, j’en ai lu, écouté et entendu et je ne suis pas surpris de le voir choisir Los Angeles comme nouveau choix de carrière.

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Car oui, Trevor Bauer est carriériste. Il n’a d’attache pour personne et est prêt à aller là où les chances de gagner sont les meilleures. S’il doit changer d’équipe à chaque année, il est prêt à le faire.

Grand analyste du jeu et des chiffres qui viennent avec, Bauer a rapidement compris que les chances de gagner des Dodgers sont bien plus importantes que celles des Mets, avec tout le respect que je dois aux joueurs du Queens.

J’aimerais même vous dire que MÊME si les Mets avaient mis beaucoup plus d’argent sur la table que les Dodgers, Trevor Bauer aurait quand même choisi L.A., le challenge sportif étant beaucoup plus attrayant. C’est malheureusement encore un peu trop tôt pour les Mets et Bauer n’est pas le genre de gars à patienter.

En plus d’être très lucratif, son nouveau contrat de trois ans lui offre en plus des options de sorties à chaque année. La politique des Dodgers ne lui plaît pas ou son aventure en bleu et blanc tourne au fiasco sportif en 2021 : il est libre d’aller voir et encaissera pareil ses 40 millions de $ si une autre équipe le veut.

Lors d’une entrevue que j’ai écoutée il y a maintenant quelques années sur Yahoo Sports, Bauer expliquait alors à Jeff Passan qu’il ne signerait jamais de contrat longue durée (sans option de sortie) au cours de sa carrière. Il avait fait ce pari avec l’un de ses amis en 2012. S’il perdait ce pari, la sentence serait de ses faire tirer à bout portant entre les jambes par un gun de paintball.

Apparemment, Trevor tient à ses bijoux de famille.

En s’engageant à court terme de la sorte, il évite de se retrouver dans une équipe qui pourrait changer son fusil d’épaule après l’avoir signé sur le long terme. On en a vu des équipes promettre monts et merveilles à des superstars pour au final passer en mode reconstruction ou jouer les milieux de tableau (Bryce Harper et les Phillies par exemple, Robinson Cano et les Mariners un peu plus loin).

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Il évite aussi aux équipes de se retrouver coincées avec des gros contrats de joueurs qui ne produisent plus ou se blessent (Albert Pujols, Miguel Cabrera, Chris Davis). Avouez qu’à la fin, on paye plus pour le nom du joueur que pour ses stats.

Si je me mets dans la peau d’un GM, je pencherais plus vers un contrat à la « Trevor Bauer » qu’un contrat à la « Gerrit Cole ».

Ce genre de contrat (hormis les montants) est selon moi le genre d’entente qui rend tout le monde heureux. Joueur et équipe ne se sentent pas enlisés dans quoi que ce soit, les portes restent ouvertes, l’aspect sportif prime. On mise sur le court terme, l’efficacité. Ça coûte parfois un bras, mais quand on en a les moyens et que la ligue le permet, pourquoi s’en priver?

Un choix à la hauteur de ses ambitions

Depuis plus de 25 ans, Trevor Bauer s’entraîne comme un diable pour devenir le lanceur qu’il est aujourd’hui. Le premier choix des Diamondbacks lors du repêchage de 2011 a travaillé d’arrache-pied tous les aspects du pitching avec tous les moyens possibles pour arriver à ses fins. Il a fait ses preuves à Cleveland avant de tenter sa chance à Cincy, dans une équipe qui semblait bâtie pour gagner. Malheureusement, les Reds ont mal négocié certains virages en cours de saison et 2021 prenait déjà (et encore) le chemin de la grande vente de garage.

Toujours dans cette entrevue de 2018, Bauer affirmait qu’il voulait être le meilleur et voulait remporter trois trophées Cy Young. Meilleur, il l’a été en 2020 et a même remporté son premier trophée personnel. Meilleur, il l’est selon moi depuis déjà 2016-2017. Je l’ai entendu dire qu’il serait le premier lanceur à remporter 30 victoires et lancer plus de 400 strikeouts dans une saison. Il a confiance en lui en ses méthodes de travail, unique sen son genre. Il croit en sa façon de voir et de penser le baseball.

Cela a déjà fait ses preuves, on ne peut le nier. À 30 ans et en plein dans son prime, Bauer a beau avoir triplé son salaire et gagné en notoriété, je suis prêt à parier qu’on le verra performer sur le terrain tout en continuant à niaiser sur la butte et sur les réseaux sociaux.

Car Trevor Bauer est capable de mieux encore. Et c’est bien avec une puissance comme les Dodgers qu’il pourrait nous épater encore plus.

Petit aparté. Ceci est mon 500e article sur Passion MLB, j’aimerais vous remercier pour vos bons commentaires et j’espère que vous continuerez à aimer ma plume pour les 500 prochains autres articles que je compte bien sortir. Merci pour votre fidélité.

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Sébastien Tabary
Publications: 506