Devin Williams prêt à reprendre là où il s’était arrêté

Si je ne sais pas de quoi sera faite la saison 2021 des Brewers de Milwaukee, je sais d’avance que je suivrais avec intérêt chacune des sorties du phénoménal Devin Williams. Après avoir lancé 13 manches dans l’anonymat le plus complet en 2019, Williams a crevé l’écran en 2020 et s’est même approprié le trophée de la recrue de l’année dans la Nationale.

Discutable pour certains, indiscutable pour d’autre. Placez-vous dans le camp qui vous plaira le plus, mais moi, j’ai choisi le mien. Devin Williams est le genre de joueur que j’aime suivre de près et bien souvent, je vise juste. Pour ceux qui débutent dans le baseball et qui ne jurent que par des Bo Bichette, Fernando Tatis Jr. ou encore Mookie Betts, il y a aussi du beau monde moins couvert par la presse et qui mérite tout autant de « respect » médiatique. Ce gars, Devin Williams, a du talent à revendre et n’a pas fini de nous épater.

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Les releveurs oubliés

Certes, Devin Williams ne frappe pas de circuits. Certes, Devin Williams ne vole pas de buts. Il ne joue pas tous les matchs non plus, mais il domine sa discipline comme un maitre. Le lanceur de relève des Brewers est l’un des meilleurs dans sa spécialité : la relève.

On attribue bien souvent tout le crédit d’une avance préservée ou d’un sauvetage au closer de l’équipe. Mais bien souvent, on oublie de parler du gars qui arrive en relève juste avant : le set-up. Pourquoi un closer qui fait « juste » trois retraits en neuvième sans concéder le moindre coussin récolterait la gloire (et le sauvetage) alors que le gars qui a lancé la huitième avec des coureurs sur les sentiers a préservé lui aussi l’avance de son équipe? N’est-il pas celui qui a « sauvé » le match?

Devin Williams est un maitre en la matière et ses stats de la saison passée sont là pour en témoigner : 0.33 de MPM, 0.63 de WHIP, 59 K et neuf BB en 27 manches lancées… et juste un sauvetage!

Et c’est grâce à l’une des meilleures change-up du circuit (si ce n’est la meilleure, aux côtés de celle de Luis Castillo) que ses victimes n’y ont vu que du feu.

Killer pitch : Le changement de vitesse

Quand il suffit d’un seul lancer pour avoir le dessus sur ses adversaires, ça en dit long sur le talent du joueur en question. Mariano Rivera avait sa cutter, Andrew Miller était intouchable grâce à sa slider et Aroldis Chapman force le respect avec sa rapide à trois chiffres.

Devin Williams, lui, a connu un joli succès la saison passée avec un lancer que j’apprécie tout particulièrement : le changement de vitesse (changeup).

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Un drôle de lancer, mais ô combien efficace quand celui-ci est mixé à la perfection avec une balle rapide des plus basiques. Les deux lancers se lancent de la même façon : même vitesse de bras, même angle. Juste le grip est différent et ensuite, la gravité et les lois de la physique imposent leurs lois. Celle de Devin Williams défie toutes les lois de la gravité. Elle tourne comme un screwball et danse parfois comme une balle papillon.

Le frappeur, lui, ne voit qu’une balle rapide et c’est seulement quand il commence à s’élancer qu’il se rend compte qu’il sera un train en avance.

Le changement de vitesse est l’une des plus belles armes dans le répertoire d’un lanceur.

Devin Williams a lancé sa première session ce mardi et tout s’est bien passé. Il avait fini la saison 2020 avec une légère blessure à l’épaule. Une blessure qui l’avait empêché de prendre part au match de wild card contre les Dodgers en octobre dernier.

Pour ceux qui ne connaissent pas le joueur, c’est le moment de vous y mettre.

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Sébastien Tabary
Publications: 513