Bryce Harper : la version « côte est » de Mike Trout

Quand les Phillies de Philadelphie ont mis la main sur Bryce Harper en lui faisant signer un méga contrat de 330 millions de $ sur 13 ans juste avant la saison 2019, ils avaient évoqué leurs intentions de faire partie des contenders réguliers dans la Ligue nationale, et ce, après une longue période de reconstruction.

On attend.

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Un joueur exemplaire dans une équipe qui patauge

Bryce Harper a fait sa part du boulot. On ne peut rien lui reprocher. Il joue. Il joue presque tous les jours, il n’a manqué que sept rencontres en deux saisons (215 joués sur 222 à jouer). Ses stats sont belles. Son OPS avec Philly (.903) est même meilleur que celle qu’il affichait avec les Nationals (.900). En 2020, il a pour la première fois en carrière obtenu plus de buts sur balles (49) que de retraits sur des prises (43). Il a gagné le respect de bon nombre de lanceurs adverses, qui ne l’affrontent plus comme par le passé.

Bryce a été exemplaire.

Les Phillies, eux, n’arrivent pas à suivre. L’équipe a joué pour .500 en 2019 (81-81) et a fait moins bien l’année suivante avec 28 victoires contre 32 défaites.

En deux ans de temps et depuis l’arrivée de Bryce, ils ont viré un gérant et un DG, signé un vétéran (Andrew McCutchen) et promu un super joueur du nom d’Alec Bohm (2e au vote pour le titre de recrue de l’année en 2020). Une star montante.

L’équipe n’a pas mis le pied en série éliminatoire depuis dix ans. Dix saisons sans playoffs. Ça paraît peu, mais en même temps, c’est long. Demandez aux fans ce qu’ils en pensent. Ce sont bien les Phillies qui détiennent ce triste record dans la Nationale, car oui, personne n’a fait pire qu’eux. Même les Marlins ont réussi à se frayer un chemin en séries la saison passée.

À Philly pour y rester et jouer au baseball en octobre

Bryce Harper aurait toutes les raisons de faire preuve d’impatience. Lui Philadelphie, il aime et il s’est rapidement fait aimer. Il s’est intéressé aux autres sports majeurs de la ville (les Eagles dans la NFL, les Sixers dans la NBA et les Flyers dans la LNH). Il a immédiatement connecté avec les fans de Philly, ces mêmes partisans aiment son style, ils aiment le voir tout donner sur un terrain, son attitude, plus mature. Ils aiment surtout sa loyauté envers le club et son envie d’y rester (le contrat de Bryce Harper ne contient pas de clause libératoire). Quand une superstar s’engage avec vous pour 13 saisons, il y a de quoi être fier.

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Non, Bryce Harper n’a rien à se reprocher.

Je ne sais pas si 2021 sera une nouvelle fois synonyme de galère pour les Phillies, mais Bryce Harper (28 ans) pourrait être la voix – et une voix pesante – de tous ces partisans qui réclamant encore plus de renforts à son patron John Middleton. L’équipe a du talent et de beaux joueurs en ses rangs (Rhys Hoskins, Aaron Nola, J.T. Realmuto), mais peine un peu sur la butte, surtout en relève. On a vu les Braves, les Nats et surtout les Mets être actifs lors du marché hivernal. Les Phillies, eux, n’ont que très rarement fait la une des quotidiens sportifs.

Faut-il s’inquiéter pour eux, ou pour Bryce?

Bryce Harper est presque à mi-chemin des 500 circuits en carrière. Si tout va bien, il aura d’ici quelques années sa plaque à Cooperstown. Mais plus les Phillies pataugent, plus le besoin de Bryce de jouer en Série mondiale devient pressant. On pourrait parler de lui comme la version east coast de Mike Trout : un frappeur hors pair d’un calibre de MVP englué dans une équipe qui ne sait pas sur quel pied danser.

Les deux joueurs qui sont dans leur prime mériteraient sans doute de voir leur talent s’exprimer dans des équipes bâties pour gagner plutôt que dans d’autres qui ont pris la fâcheuse tendance de végéter dans le ventre mou du championnat saison après saison.

Cruel constat, mais rempli de vérités.

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Sébastien Tabary
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