Il faut qu’on parle (en mal) des propriétaires

La Major League Soccer reprendra ses activités le 8 juillet prochain. Si les astres s’alignent, il devrait y avoir du hockey de la LNH cet été. Les joueurs et la direction œuvrent ensemble afin de trouver un compromis bénéfique pour les deux parties. La NFL a bon espoir de commencer sa saison 2020 dans les temps prévus à cet effet. La MLB, elle? Alors qu’elle aurait eu le champ libre pour monopoliser l’attention sportive nord-américaine, elle offre aux partisans des querelles entre millionnaire et milliardaires au lieu de réjouissance.

Des chiffres qui font mal paraître

Pour les proprios, posséder une équipe dans une des grandes ligues est un divertissement, un genre de jouet, une fierté même. Oui, ils font de l’argent grâce à leur identité sportive, or ce n’est pas avec cela qu’ils ont fait ou font leur fortune. Pour avoir à son nom un club sportif, il faut avoir beaucoup, beaucoup d’argent dans la vie.

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Pourtant, depuis le début du conflit, j’ai l’humilité de penser que les proprios jouent aux parents pauvres. Cependant, plusieurs points ont tendance à démontrer tout le contraire.

Selon un calcul, depuis le début de la pandémie, les 30 propriétaires auraient chacun, en moyenne, augmenté leur richesse personnelle de 715 millions $. Tout simplement. Alors que le commun des mortels tente de sortir la tête de l’eau financièrement, attend son chèque PCU avec impatience et ne sait pas s’ils pourront payer l’hypothèque, les propriétaires, eux, s’enrichissent.

Ajoutons à cela qu’à chaque saison qui passe, la valeur des équipes augmente. À juste titre, un club moyen dans la MLB, donc une équipe entre les Yankees de New York et les Marlins de Miami mettons, a vu sa valeur augmenter d’un milliard de dollars depuis les six dernières années. La dernière équipe à avoir changé de main, mes Royals de Kansas City chéris, a été vendue pour la somme d’un milliard par David Glass à son nouvel acheteur, John Sherman. On ne parle pas ici des Red Sox ou des Dodgers! Pour l’histoire, Glass avait acheté l’équipe 96 millions de dollars en 2000, un montant cher payé à l’époque, disait-on.

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Qui plus est, n’oublions pas qu’il y a quelques jours, les dirigeants de la MLB ont paraphé une nouvelle entente télévisuelle avec Turner Sports pour la modique somme d’un milliard de dollars. Le jour même, ces mêmes dirigeants demandaient aux joueurs de réduire leur salaire…

La temporalité des choses

Je crois sincèrement que le regroupement de propriétaires est de mauvaise foi dans cette histoire. Tel que mentionné, ceux-ci continueront de faire de l’argent chaque jour de leur vie jusqu’à leur dernier.

Je pense que tout ce cirque est, dans les faits, une mascarade dont le seul objectif est d’instaurer une moindre forme de partage des revenus. Or, ce type d’objectif, machiavélique, se doit d’être négocié lors du renouvellement de la convention collective, pas lors d’une crise mondiale alors que la classe ouvrière veut juste regarder du baseball à la télé pour oublier son malheur, le temps d’un instant. 

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Maxime Trudeau
Partisan #1 des Royals de Kansas City. Joueurs favoris: Whit Merrifield, Christian Yelich. Passion pour tout ce qui touche le monde du sport et le milieu agricole. Le Plateau Mont-Royal, Montréal. Bachelier Université du Québec à Rimouski, Communication Relations humaines.
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