Passé recomposé : Kelly Gruber et son triple jeu oublié en Série mondiale

Même quand il n’y a pas de baseball, il y a toujours du baseball. C’est le bon moment pour reprendre notre série en hommage aux joueurs des Blue Jays de Toronto du passé.

Après Devon White, Tom Henke, Juan Guzman, Pat Borders, John Olerud et Dave Stewart, attardons-nous aujourd’hui sur un autre membre de l’épopée victorieuse des Jays des années 90 en la personne de Kelly Gruber.

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Un histoire de cœur

Kelly Wayne Gruber est né un 26 février 1962 à Houston au Texas. C’est à Austin au Westlake High School qu’il se distingue sur un terrain baseball et tape dans les yeux des recruteurs des Indians de Cleveland, qui lui proposent un contrat en 1980.

Si Kelly Gruber apposera bien sa signature sur le contrat, il ne jouera jamais pour l’organisation du Chef Wahoo puisque les Blue Jays en prendront possession par la biais du repêchage de la règle 5 (Rule 5 draft) en 1983.

Kelly Gruber et les Blue Jays, c’est une véritable histoire d’amour. Malgré seulement 10 saisons MLB à son CV (entre 1984 à 1993), Gruber a joué 921 de ses 939 matchs en carrière avec les Blue Jays de Toronto.

Petite anecdote : il est le premier joueur de l’histoire des Blue Jays à obtenir un carrousel. C’était le 16 avril 1989 face aux Royals de Kansas City.

Le joueur de troisième but a remporté un Gant doré et un bâton d’argent en 1990, il a pris part au Match des étoiles à deux reprises (1989 et 1990) et bien sûr, il a remporté l’édition 1992 de la Série mondiale avec Toronto.

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« Il y avait triple retrait »

La Série mondiale de 1992, Kelly Gruber s’en souvient comme si c’était hier. Plus qu’un duel épique face aux Braves d’Atlanta, c’était avant tout une bataille contre lui-même.

Gêné par des disques vertébraux C3 et C4 éclatés, Gruber a du serrer les dents tout au long de la saison, sans être épargné par les douleurs lors de la grande finale. Le joueur témoigne  » Je faisais tout ce que je pouvais pour rester sur terrain. Ce fut l’une des choses les plus difficiles que j’ai eu à faire dans ma vie. » Ça en dit long sur la force mentale du joueur.

La finale de 1992, tiens, parlons-en. Ceux qui trippent baseball et Blue Jays se souviendront de cette action épique du match numéro trois.

Nous sommes dans la quatrième manche, après la frappe de David Justice et le non moins spectaculaire catch de Devon White au champ centre, Kelly Gruber pensait avoir réalisé le premier triple retrait de l’histoire en Série mondiale avant que l’arbitre sur bases ne donne raison au coureur des Braves Deion Sanders.

« Il y avait triple jeu » m’a confié Kelly Gruber quelques années plus tard lors d’une rencontre impromptue à Montréal. Le sympathique joueur des Jays m’a même assuré avoir touché quatre fois Deion Sanders lorsque celui tentait de sauver sa mise au deuxième but.

Touché ou pas touché, c’est du passé, mais tout cela n’a pas empêché le joueur et son équipe de remporter la première Série mondiale dans l’histoire de la franchise, la première équipe canadienne à soulever le trophée ultime de la MLB.

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Sébastien Tabary
Alleyop360Attitude Football