Vendre ses années d’arbitrage : un bon plan?

Eloy Jimenez - Chicago White Sox

Ce texte ne sera pas comme les autres, car il s’agit en fait d’une simple réflexion sur papier. Pardonnez-moi s’il peut avoir l’air décousu, mais tentez de rester avec moi.

Comme plusieurs d’entre vous, je regardais aujourd’hui Mookie Betts, Kris Bryant, Francisco Lindor, Cody Bellinger et bien d’autres signer des contrats monstres et ainsi éviter l’arbitrage. Comme je l’écrivais plus tôt cette semaine, ce sont des joueurs exceptionnels qui ont trop longtemps joué pour un salaire ridicule considérant leur talent, particulièrement Bellinger. Je me disais que l’arbitrage était au fond un levier extrêmement important pour les joueurs, comme un passage de l’enfance à l’âge adulte si l’on veut, surtout à un salaire d’adulte (d’un point de vue baseball professionnel, bien sûr).

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Arbitrage : recevoir sa juste part… finalement

Puis, j’ai repensé à Luis Robert qui a conclu plus tôt ce mois-ci une entente de six ans avec les White Sox avant même ses débuts dans les Majeures. Je pensais aussi à son coéquipier Eloy Jimenez, qui avait fait la même chose il y a un an. Six ans? Trois années comme recrue, plus trois ans d’arbitrage!

Les contrats des deux joueurs les amènent directement à l’autonomie. Ils renoncent donc à leur droit à l’arbitrage et à faire sauter la banque comme Betts et les autres. Alors, ma question est : est-ce que ça vaut la peine?

Les White Sox offrent 50 millions de dollars à l’espoir Luis Robert

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Chiffres et projections

Il est difficile de dire quel genre de joueur deviendra Luis Robert, mais on peut difficilement projeter autre chose qu’un avenir radieux pour l’espoir numéro trois sur MLB Pipeline et un candidat sérieux à tous les titres et prix remis chaque année par le baseball majeur.

Pour Jimenez, on a au moins une saison pour spéculer. À sa première dans les Majeures, le Dominicain a joué 122 matchs, frappé 31 coups de circuit et maintenu une moyenne au bâton de .267. Les White Sox, comme prévu, lui ont versé un total de six millions $ en salaire. Pas mal mieux que les 535 000$ que les Dodgers ont donné à Bellinger à son année recrue pour ses 39 circuits, sa moyenne de .267 et son titre de recrue de l’année.

À la lumière de ces chiffres, on peut dire que les deux joueurs sont assez semblables. Alors, extrapolons. Ce soir, Bellinger a conclu une entente de 11,5 millions $ avec les Dodgers à sa toute première année d’admissibilité à l’arbitrage, chose que ne pourra pas faire Jimenez dans deux ans. Et combien gagnera-t-il au moment où il aurait pu devenir dix fois millionnaire? 3,5 millions $…

Le meilleur en 2018
Betts touchera en 2020 27M$ à sa troisième année d’autonomie. Jimenez n’en aura que 13,5M$ – Photo: Jim Rogash

Le propriétaire se réjouit, mais le joueur…

Voici où je voulais en venir. Les contrats qui paraissent généreux des White Sox à des espoirs sont en fait une trappe. Oui, Jimenez s’est assuré un beau revenu pour ses trois années comme recrue, mais, dès la première année d’admissibilité à l’arbitrage, il gagnera moins de la moitié du salaire qu’il aurait pu avoir si ses statistiques demeurent les mêmes.

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Non seulement les propriétaires économiseront une somme monstre en volant au joueur ses trois années d’arbitrage, mais ils acquièrent aussi son plein contrôle, à bas prix… Leur seul risque est que Jimenez et Luis Robert s’écroulent dans les prochaines années. Si cela arrive, les deux vedettes pourraient devenir les réchauffeux de banc les mieux payés du baseball majeur. On sait tous cependant que cela a peu de chance d’arriver.

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