La signature de Hyun-Jin Ryu à Toronto change tout

Ryu

Tard hier soir, les Blue Jays ont offert à leurs partisans le plus beau des cadeaux : Hyun-Jin Ryu, un lanceur partant digne de ce nom capable de mener la rotation de l’équipe. Il s’agit du troisième plus gros contrat de l’histoire de la franchise (après Vernon Wells et Russell Martin) et du plus gros pour un lanceur.

Depuis le début de l’hiver, la priorité des Jays était de signer des lanceurs. On sait que c’était la grosse faiblesse de la formation de la Ville-Reine et l’équipe a décidé de prendre le taureau par les cornes afin de s’améliorer dans cette facette du jeu. Avec les acquisitions de Chase Anderson, de Tanner Roark et de Shun Yamaguchi, la formation de Toronto a maintenant une rotation qui, sans « faire peur » comme celle des Yankees, a les moyens de ses ambitions.

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Fini l’époque où Edwin Jackson débutait des matchs parce qu’il n’y a personne d’autre pour le faire.

Si on prend Ryu, Anderson et Roark, les Jays seront menés par un top-3 qui a fait ses preuves et qui peut aspirer à obtenir une quarantaine de victoires en tout. En y ajoutant un Matt Shoemaker et un joueur comme Ryan Borucki (je vois Thornton aller rejoindre Yamaguchi dans l’enclos plus que jamais), la rotation a de quoi inspirer confiance.

Mais au-delà de la rotation en tant que telle, c’est la profondeur de l’équipe qui ressort gagnante de toutes les récentes signatures. Après tout, même si la signature de Ryu se veut un coup fantastique, il n’en demeure pas moins qu’elle vient avec un taux de risque quelque peu élevé compte tenu de l’historique de blessures du lanceur.

Sans compter celle de Shoemaker et de Borucki.

Si l’un deux tombent au combat, plusieurs options seront disponibles dans le AAA. Comme c’est là, la rotation des Bisons de Buffalo devrait aussi avoir beaucoup de gueule à l’aide des lanceurs suivants :

  • Jacob Waguespack
  • Nate Pearson
  • Anthony Kay
  • T.J. Zeuch
  • Sean Reid-Foley

Évidemment, les récentes acquisitions laissent peu de places aux jeunes – on peut même se demander si un gars comme Roark serait débarqué à Toronto si l’équipe avait eu l’assurance plus tôt de signer Ryu – qui poussent, mais cela les forcera à se dépasser dans le AAA. Ils pourront aussi se développer sans trop de pression, ce qui n’est pas une vilaine nouvelle, et arriver dans les Majeures à tour de rôle.

Pour ce qui est des lanceurs, l’arrivée d’un ou deux releveurs pourrait aider. Cela nous force aussi à nous demander ce qui se passera dans le dossier Ken Giles, maintenant que son marché ne semble pas extraordinaire et que l’équipe a pris un gros pas vers l’avant dans les dernières semaines.

Maintenant que la rotation est stabilisée, force est d’admettre que l’impact sur toute l’organisation est (plus que) positif. Hier, les Jays ont aussi mis sous contrat le joueur d’avant-champ Travis Shaw afin de pourvoir le poste de premier but. Il pourra aussi, en raison de ses qualités de joueur de troisième coussin, dépanner quand Vladdy aura besoin d’une journée de congé. Cela en fait donc une signature logique pour Charlie Montoyo, ce grand amoureux de la versatilité.

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Mine de rien, hier, les Jays ont mis sous contrat un frappeur de 30 circuits lors de deux des trois dernières saisons et le deuxième de la course au Cy Young dans la Ligue nationale. Petite journée.

Avec le jeune avant-champ prometteur de l’équipe, la rotation 2.0 et le beau tandem de receveurs, il ne manque peut-être qu’un joueur de champ centre (et des releveurs, tel qu’établi ci-haut) pour voir les Jays être en voiture.

Est-ce que cela veut dire se battre pour une place en séries? Probablement pas dès cette saison, compte tenu du fait que Ryu n’ira pas chercher 20 victoires de plus à lui seul. Par contre, lui et les nouveaux visages de la franchise pourront rendre le club plus compétitif dès 2020, pourront entourer les jeunes et donner aux Jays des chances de gagner tous les jours.

Et ça, ça change tout.

10e manche

  • Les bottines ont suivi les babines.

  • Il n’y a pas d’option de sortie dans le contrat. Une clause de non-échange partielle est aussi incluse.

  • Les Jays n’ont pas de grosses contraintes financières au cours des trois prochaines années. Une fois que le trio (Biggio, Bichette et Guerrero Jr.) sera admissible à l’arbitrage, il ne restera qu’un an à son contrat.

  • Avec cette acquisition, on peut probablement reléguer aux oubliettes les rumeurs envoyant David Price chez les Jays.

  • Cette signature a non seulement permis à Scott Boras de taper la barre du milliard en contrats accordés, mais aussi de rétablir les ponts avec les Jays. Rappelons qu’il avait critiqué leur désir de ne pas dépenser l’année dernière.

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  • Il reste peu de gros noms sur le marché.

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